(AFP / Martin Bernetti)

Nombre de morts, "catastrophe" sanitaire : attention à ces affirmations fausses ou trompeuses sur les vaccins

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Dans une vidéo partagée plus de 1.600 fois depuis mi-avril, un ancien pharmacien français affirme que les vaccins contre le Covid-19 sont inefficaces et dangereux. L'Agence européenne des médicaments aurait selon lui enregistré plusieurs milliers de morts dont plus de 2.500 "dus" au seul vaccin Pfizer, les pays qui ont vacciné massivement connaîtraient aujourd'hui "une catastrophe" sanitaire, nous serions dans une phase "d'expérimentation" des vaccins... Mais ces affirmations s'appuient sur des interprétations inexactes et des calculs erronés. 

L'homme qui apparaît dans cette vidéo partagée plus de 1 600 fois depuis le 12 avril est Serge Rader, présenté comme un ancien pharmacien et apparu notamment dans la production audiovisuelle "Hold Up", dans laquelle il affirmait faussement que les patients âgés atteints du Covid-19 recevaient une "seringue de rivotril pour les achever complètement alors qu’ils étaient en détresse respiratoire". Ses propos avaient été vérifiés par l'AFP. 

Capture d'écran réalisée le 23/04/2021 sur Facebook

Au début de cette vidéo, filmée en marge d'une manifestation, il évoque son soutien au Pr Christian Perronne ainsi qu'à la généticienne Alexandra Henrion-Caude, dont des déclarations fausses ont été à plusieurs reprises vérifiées par l'AFP, ici et ici par exemple. 

Au cours de ces 13 minutes, Serge Rader déroule plusieurs affirmations fausses ou trompeuses censées prouver que les vaccins sont inefficaces et dangereux, que nous avons vérifiées.

L'augmentation des décès et des hospitalisations au Royaume-Uni est liée à la vaccination FAUX 

"Les effets secondaires (des vaccins anti-Covid, ndlr) se comptent par dizaines de milliers et les décès même chose ! Rien qu'un chiffre: toute l'année 2020 en Grande-Bretagne il y a eu 60 113 morts du Covid. Depuis qu'ils ont commencé de vacciner le 7,8 décembre, s'est rajouté 65 000 morts", affirme Serge Rader à 2'15. "Donc en trois mois de vaccins, chiffres arrêtés au 13 mars, ils ont eu plus de morts que toute l'année 2020 du Covid", poursuit-il. Son calcul est toutefois erroné, et l'insinuation que les milliers de morts de l'hiver sont dus à la vaccination est infondée, selon des scientifiques britanniques.

Sur le site du gouvernement britannique - qui totalise les morts enregistrés au Royaume-Uni (qui comprend l'Irlande du Nord) et non dans la seule Grande-Bretagne - on lit qu'au 8 décembre 2020, date du début de la vaccination, 62 033 personnes étaient décédées du Covid-19 au Royaume-Uni depuis le début de la pandémie (tableau "data" du nombre de morts cumulés, par date de déclaration). Au 13 mars 2021, elles étaient 125 464. Donc entre le début de la vaccination et le 13 mars, 63 431 décès dus au Covid-19 ont été enregistrés. C'est 10 000 de moins environ que pour l'année 2020 (73 512 décès enregistrés selon les statistiques du gouvernement). 

Le nombre de morts a bien accéléré depuis fin décembre, avec un très haut pic mi-janvier, mais cela n'a rien à voir avec la vaccination, a expliqué à l'AFP Doug Brown, directeur de la British Society for Immunology, interrogé le 20 avril : "Les infections ont commencé à augmenter fin 2020. Cela prend du temps pour qu'un patient infecté développe la maladie et aille à l'hôpital, donc les chiffres (des hospitalisations et des infections, ndlr) ont augmenté en janvier", a-t-il expliqué. Cette hausse n'a "rien à voir avec les vaccins", a déclaré Doug Brown, mais avec l'apparition d'une souche du virus beaucoup plus contagieuse. 

Une conclusion partagée par Peter Openshaw, immunologue et professeur à l'université Imperial de Londres : "Le pic récent (des hospitalisations et décès, ndlr) au Royaume-Uni est dû au variant Kent B.1.17, qui est plus contagieux mais toujours sensible aux vaccins", a-t-il expliqué par e-mail le 20 avril 2021. 

"On voit maintenant une baisse des chiffres des infections et des hospitalisations, grâce au confinement", décrété par le gouvernement début janvier, a ajouté Doug Brown, évoquant également une étude des autorités sanitaires britanniques, publiée en mars 2021, qui fait état d'une baisse des hospitalisations après une seule dose de vaccin. Le site du gouvernement britannique montre en effet une nette baisse des hospitalisations depuis mi-janvier. 

L'AFP a vérifié début avril de fausses affirmations comparables dans un autre article.

Londres, le 16 avril 2021. Les terrasses des restaurants et des bars ont rouvert 12 avril. (AFP / Niklas Halle'n)

Une "catastrophe" sanitaire dans les pays qui vaccinent beaucoup TROMPEUR 

"On vaccine des millions de personnes avec déjà des remontées" en termes de "contaminations et de mortalité", assure Serge Rader, à 3'30 : "Que ce soit en Israël, au Bahreïn, dans les Émirats Arabes, au Chili qui a beaucoup vacciné (...) même sur le caillou de Gibraltar, ou même au Portugal, c'est une catastrophe". Il appelle à "boycotter ces vaccins". 

Cette déclaration de l'ancien pharmacien rappelle un montage de plusieurs graphiques, vérifié par l'AFP fin mars, supposé montrer que la vaccination avait provoqué "une nette augmentation" des "infections et des décès"  au Royaume-Uni, en Israël, aux Emirats arabes unis et au Portugal. Ces graphiques trompeurs avaient été arrêtés fin janvier mais, en les prolongeant jusque fin mars, on observait une baisse des hospitalisations et des décès dans ces différents pays. 

En Israël, où plus de la moitié de la population a reçu deux doses de vaccin, le rythme des nouveaux cas et décès dus au Covid-19 est en baisse depuis mi-janvier, comme nous l'expliquions déjà dans un précédent article. Le port du masque n'est plus obligatoire dans l'espace public depuis le 18 avril. 

La situation est également loin d'être catastrophique à Gibraltar, où 85% de la population était vaccinée au 12 avril.  Les masques ne sont plus obligatoires dans les lieux publics depuis fin mars et les restaurants et bars ont rouvert. Là aussi, de fausses affirmations autour d'un prétendu lien entre la vaccination et une hausse des décès ont circulé fin janvier et ont été vérifiées par l'AFP. 

Après un reconfinement général en janvier pour faire face à un nombre record de décès et d'hospitalisations, le Portugal a pour sa part commencé à lever les restrictions le 12 avril après une amélioration de la situation. 20% de la population portugaise avait reçu au moins une dose de vaccin au 22 avril 2021. 

En revanche, Bahreïn connaît une augmentation - relative - des décès liés au Covid-19 depuis début avril, avec en moyenne 3 à 5 décès par jour et après un relâchement des mesures mi-mars. Au 22 avril 2021, Bahreïn comptait 614 morts pour 1,6 million d'habitants. Au même jour, près de 38% de la population avait reçu au moins une dose de vaccin. 

La situation est plus compliquée au Chili, confiné à nouveau depuis fin mars face à une recrudescence des infections et malgré le taux de vaccination le plus élevé d'Amérique du Sud. La présence de nouveaux variants du virus, le relâchement de la population face à la progression rapide de la vaccination et la fin des grandes vacances dans l’été austral ont contribué à l’augmentation des infections, selon des experts cités dans cette dépêche fin mars. Le pays connaît tout de même une légère baisse des cas de contamination depuis mi-avril. 

Mi-avril, le conseiller au ministère de la Santé chilien rappelait que la vaccination avait débuté dans le pays au milieu d'une forte activité épidémique. 

Enfin, aux Emirats arabes unis, qui se targuent d'avoir administré 10 millions de doses de vaccin, soit l'équivalent d'une dose par habitant, les contaminations restent élevées mais sont en baisse depuis début février.

Promenade de Tel Aviv, en Israël, le 19 avril 2021, après que les autorités ont annoncé que le port du masque n'était plus obligatoire en extérieur (AFP / Menahem Kahana)

L'ivermectine et l'hydroxychloroquine donnent d'"excellents résultats" pour soigner le Covid-19 INFONDE

"On continue, en cas de positivité, de soigner avec du paracétamol alors qu'on a des molécules actives d'hydroxychloroquine, d'ivermectine qui donnent d'excellents résultats, il n'y pas besoin de vaccins", affirme Serge Rader à 3'55.

L'ivermectine et l'hydroxychloroquine sont régulièrement citées comme de prétendus remèdes "miracle" pour prévenir ou soigner le Covid-19. Pourtant, aucune des deux n'a aujourd'hui prouvé son efficacité. 

L'essai randomisé Discovery, mené par les autorités sanitaires françaises, ainsi que l'étude internationale Solidarity, avaient montré que l'hydroxychloroquine avait peu ou pas d'effet sur les patients infectés par le Covid-19. Pourtant, de fausses rumeurs autour de ce médicament dérivé de l'antipaludéen chloroquine continuent de circuler sur les réseaux sociaux.

Quant à l'ivermectine, l'OMS déconseille son utilisation pour soigner le Covid-19, en dehors des essais cliniques. Cet antiparasitaire fait lui aussi l'objet de nombreuses affirmations incorrectes sur sa prétendue efficacité, qui n'est à ce jour pas scientifiquement démontrée. 

Les vaccins sont en phase "d'expérimentation" FAUX

"On est dans une opération d'expérimentation de ces vaccins qui ont été fabriqués en quelques mois", affirme à 3'15 Serge Rader, qui répète à plusieurs reprises que la population sert de "cobaye". A 5'55, il déclare que ces vaccins n'ont "pas d'AMM". "Il y a une pré-autorisation qui est provisoire, après quelques mois, alors qu'on a pas eu les résultats des essais". 

Les vaccins mis au point par BioNTech et PfizerModerna, AstraZeneca et Johnson & Johnson ont reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) dite "conditionnelle", respectivement les 21 décembre, 6 janvier, 29 janvier et 11 mars, comme l'expliquait l'AFP dans ce précédent article de vérification. 

Cette AMM conditionnelle permet aux développeurs du vaccin de soumettre des données supplémentaires (études nouvelles ou en cours) après le feu vert des autorités, contrairement à une AMM classique où la totalité des données doit être soumise avant, et d'accélérer ainsi la mise à disposition des médicaments, ici des vaccins. 

Mais cela ne veut pas dire pour autant que les vaccins mis sur le marché n'ont pas été testés correctement. "L'AMM conditionnelle rassemble tous les verrous de contrôles d’une autorisation de mise sur le marché standard pour garantir un niveau élevé de sécurité pour les patients", précise l'Agence nationale du médicament (ANSM) française sur son site. Les vaccins ont suivi les étapes imposées à chaque traitement avant une mise sur le marché européen et français.

Quant aux résultats de la phase 3 des essais cliniques, qui se déroule sur des milliers de volontaires, ils ont bien été communiqués (par exemple ici pour Moderna et ici pour Pfizer en décembre) mais peuvent être mis à jour et complétés ensuite. 

Serge Rader affirme également que "les essais pour le Moderna seront terminés en octobre 2022, les deux autres ce sera janvier et février 2023, et puis pour le Johnson & Johnson même topo" (4'53). Ces dates correspondent à la fin estimée de la collecte des données (efficacité et sûreté à plus long terme) pour cette phase 3. Comme nous l'expliquions dans cet article, les quatre vaccins autorisés font par ailleurs l'objet d'une quatrième phase, dite de pharmacovigilance, après autorisation, pour suivre de près les effets secondaires des vaccins aussi bien en France, par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qu'à l'échelle européenne, par l'Agence européenne des médicaments

Les vaccins "classiques" ne fonctionnent pas sur les coronavirus FAUX 

"Depuis des années qu'on essaye de faire des vaccins classiques sur les coronas, ça ne marche pas", déclare Serge Rader à 5'23. 

Pourtant, il existe bien des vaccins contre les coronavirus dits "animaux", a expliqué à l'AFP Doug Brown, citant entre autres le Rotavec corona et le Lactovac, tous deux efficaces contre des coronavirus infectant les bovins. "S'il n'y a pas eu de vaccins contre des coronavirus humains, c'est qu'on n'en avait pas besoin", a estimé Doug Brown par téléphone. 

Ainsi, "Le Sars-Cov-1, dit SRAS, en 2002, s'est éteint très vite", a expliqué à l'AFP Michel Moutschen, chef du service infectiologie et professeur en immunopathologie à l'Université de Liège, ce qui explique l'absence de vaccin pour ce coronavirus touchant les humains. Lui aussi considère que "les vaccins contre les coronavirus animaux sont très efficaces". Contre le coronavirus actuel, qui infecte les humains, le professeur a cité l'exemple du vaccin chinois CoronaVac, qui s'appuie sur les techniques habituelles de vaccination (virus inactivé) et qui a démontré une bonne efficacité contre les hospitalisations et les décès dans une étude publiée récemment par le gouvernement chilien, l'une des premières en conditions réelles pour ce vaccin. 

Deux agents de santé discutent avant d'administrer le vaccin chinois Coronavac, mis au point par la société chinoise Sinovac, dans une clinique de Bangkok, le 7 avril 2021. (AFP / Mladen Antonov)

Le personnel de santé et les enseignants obligés de se faire vacciner en Italie PARTIELLEMENT FAUX 

"Mes confrères pharmaciens italiens libéraux sont obligés de se faire vacciner sinon ils ferment la boutique, le personnel sanitaire, les enseignants et tout", s'indigne Serge Rader à 8'15.

Depuis le 10 avril, les soignants et les pharmaciens italiens sont en effet obligés de se faire vacciner, sous peine de congé sans solde, voire de licenciement. En revanche, le décret du gouvernement entérinant cette décision ne mentionne pas les enseignants. Selon un récent sondage, près de six enseignants sur dix en Italie s'opposent à une telle vaccination obligatoire. 

Des milliers de morts dus aux vaccins comptabilisés par l'EMA FAUX

"Je vais donner quelques chiffres sur la mortalité due aux trois vaccins en Europe enregistrée à l’AME - qui sont importants", poursuit Serge Rader à 9'45, avant d'évoquer une soi-disant "manipulation de l'information" sur les effets secondaires et les morts dus aux vaccins anti-Covid, bien supérieurs selon lui à ceux rapportés par les médias. 

Rien que pour les morts, l'ancien pharmacien affirme qu'au 13 mars 2021,  l'Agence européenne des médicaments (AEM, ou EMA selon l'acronyme anglais) aurait dénombré 2 540 décès dus au seul vaccin de Pfizer. Pour le vaccin de Moderna, Serge Rader évoque 972 décès et pour le vaccin AstraZeneca, 451 décès. 

Les mêmes chiffres arrêtés au 13 mars et attribués aux autorités sanitaires européennes apparaissent sur plusieurs sites peu fiables, ici et ici par exemple et avaient été partagés dans un "tuto" déjà vérifié par l'AFP mi-mars. Mais ils résultent d'une mauvaise lecture d'une base de données européenne, qui recense tous les décès signalés après - et non causés par - une vaccination.

Comme expliqué dans ce "tuto", ces chiffres sont calculés à partir de la base de données Eudravigilance, qui évalue les effets indésirables suspectés des médicaments de l'Agence européenne des médicaments . Les médecins et les particuliers peuvent y faire remonter l'existence d'effets secondaires potentiels apparus plus ou moins longtemps après une injection, sur lesquels les autorités de pharmacologie devront enquêter pour déterminer si un lien peut ou non être établi avec le vaccin.

En se rendant sur l'onglet "rapports sur les effets indésirables suspectés des médicaments pour les substances" puis dans la lettre "C",  l'internaute a accès à tous les événements rapportés pour chacun des vaccins anti-Covid utilisés dans l'Union européenne. Pour chacun, il peut consulter dans l'onglet "Number of Individual cases by reaction groups" un chiffre répertoriant des décès ("Outcome: fatal"). 

Capture d'écran réalisée le 22/04/2021 sur le site Eudravigilance

En additionnant les cas de décès signalés pour chaque type de pathologie ("reaction group") et pour chacun des vaccins, l'auteur du "tuto" mentionné plus haut affirme avoir calculé les véritables chiffres des décès liés aux vaccins, chiffres repris par Serge Rader. 

Une telle addition n'a pas de sens, a expliqué l'EMA à l'AFP le 21 avril : "Il est important de noter qu'une déclaration d'effet secondaire peut contenir plus d'une réaction suspectée et que ces réactions peuvent être classées dans différents groupes de réactions. Par conséquent, la somme du nombre de cas mortels par groupe de réactions ne donnera jamais le nombre total de cas mortels" a expliqué l'agence par e-mail, prenant l'exemple d'un patient ayant souffert de vomissements et de maux de tête après la vaccination. Ce patient sera alors "comptabilisé dans le groupe de réactions 'troubles gastro-intestinaux' et dans le groupe de réactions 'troubles du système nerveux'", qui ne sauraient donc être additionnés, a expliqué l'EMA. 

Surtout, l'agence a insisté sur le fait que ces chiffres "ne signifient pas nécessairement que les événements rapportés ont été causés par le vaccin". "Les rapports de cas spontanés d'effets secondaires suspectés sont rarement suffisants pour prouver qu'un certain effet suspecté a effectivement été causé par un médicament spécifique", a-t-elle ajouté. Une précision faite également sur le site de Eudravigilance, qui explique que les "effets indésirables suspectés peuvent ne pas être liés au médicament ou ne pas avoir été provoqués par ce dernier". 

"Dans la vie réelle les gens meurent, ont des infarctus, des thromboses, des cancers... Donc vous allez voir tous ces événements mais ça ne veut pas forcément dire qu'ils sont liés à la vaccination. Ce qui aurait été étonnant c'est qu'on ne déclare pas de décès après la vaccination", avait déclaré le 12 mars à l'AFP Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses de l'Hôpital Henri-Mondor à Créteil et expert sur la question des vaccins à la Haute autorité de Santé.

"12.000 personnes meurent chaque jour dans l'UE de causes diverses, dont 83 % sont âgées de plus de 65 ans", a rappelé l'Agence européenne des médicaments. Et les campagnes de vaccination des pays européens ont majoritairement concerné dans un premier temps les personnes âgées plus susceptibles de développer une forme grave du Covid et d'en mourir.

En revanche, comme l'a rapporté l'AFP, l'EMA a reconnu ce mois-ci que les caillots sanguins doivent être répertoriés comme un effet secondaire "très rare" des vaccin AstraZeneca et Johnson & Johnson contre le Covid-19, tout en estimant dans les deux cas que les bénéfices l'emportent sur les risques. 

Le vaccin de la grippe est inutile FAUX 

A 12'50, Serge Rader qualifie le vaccin contre la grippe de "vaccin totalement inutile qui n'a jamais démontré son efficacité". 

Le vaccin contre la grippe, qui tue jusqu'à 60 000 personnes de plus de 65 ans chaque année, est pourtant bien efficace, explique l'OMS sur son site. "Le vaccin antigrippal est le meilleur moyen à notre disposition pour prévenir la grippe et réduire le risque de complications graves, voire de décès. L’efficacité du vaccin peut varier d’une année à l’autre, selon les types de virus grippaux en circulation et leur adéquation au vaccin", précise l'Organisation mondiale de la Santé.

Quant aux "3 456 procédures judiciaires" contre le vaccin antigrippe aux Etats-Unis évoquées par l'ancien pharmacien, on retrouve ce chiffre sur le site d'un cabinet d'avocat américain spécialisé dans la défense des victimes d'accidents. Ce cabinet explique qu'entre 2006 et 2018, 4 057 requêtes alléguant d'un préjudice causé par le vaccin contre la grippe ont été déposées, et 3 456 ont été indemnisées. Sur la même période de douze ans, plus d'un million et demi de personnes ont reçu un vaccin contre la grippe. 

La vaccination empire la situation épidémique

La vidéo d'une entrevue de Serge Rader reprenant des arguments similaires a été partagée des milliers de fois depuis fin avril, notamment par des utilisateurs au Québec. Serge Rader y ajoute une autre affirmation: dans une période épidémique, la vaccination empirerait la situation.

"Des vaccins, pourquoi pas? Au bon moment, justifiés, mais sûrement pas dans une période épidémique, parce que dans une période épidémique, vous faites pire", affirme-t-il à 2'45 dans la vidéo.

Il prend alors en exemple Dengvaxia, développé par Sanofi-Pasteur. Ce vaccin avait été injecté aux Philippines à quelque 840.000 écoliers avant que le laboratoire n'alerte en novembre 2017 sur de possibles effets secondaires graves pour les personnes vaccinées qui n'avaient jamais été exposées au virus. Dans la foulée, Manille avait suspendu la campagne de vaccination.

Des cas de décès suspects d'enfants ont été signalés aux autorités et des poursuites ont été engagées le 1er mars 2019 dans le pays contre six responsables de Sanofi. Le laboratoire français nie, lui, tout lien entre ces décès et son vaccin.

Ce vaccin a été autorisé par l'Agence européenne des médicaments, mais celle-ci ne le recommande qu’aux personnes ayant déjà contracté le virus et avertit que "les personnes n’ayant pas été infectées par la dengue dans le passé peuvent présenter un risque plus élevé d’infection à la dengue sévère si elles sont infectées par le virus après la vaccination par Dengvaxia".

Ce type de réaction du système immunitaire s'appelle l'antibody dependent enhancement (ADE), ou facilitation de l'infection par des anticorps. Dans le cas de la dengue, elle peut se produire car le virus existe sous 4 "formes" distinctes, appelées sérotypes, ce qui peut aggraver une infection subséquente.

Un article publié fin 2020 dans le Journal of Infectious Diseases abordait l'hypothèse d'une potentielle aggravation des infections suite aux vaccinations contre la Covid-19. Les chercheurs indiquaient alors que cela est "peu probable car les maladies à coronavirus chez l'homme n'ont pas les attributs cliniques, épidémiologiques, biologiques ou pathologiques de la maladie ADE illustrée par les virus de la dengue".

De plus, "l'ADE jusqu'à présent n'est pas un phénomène qui a été souligné comme étant un problème pour le virus SRAS-CoV-2" a indiqué dans un courriel Benoît Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal.

"Face à la pandémie actuelle, qui peine à être contrôlée dans certains pays, une campagne vaccinale très agressive est bien au contraire une excellente approche pour limiter les impacts sur le système de santé des pays fortement touchés, briser la chaîne de transmission, et du même coup réduire l'apparition de nouveaux variants mieux adaptés aux formulations vaccinales", a-t-il ajouté.

EDIT: article mis à jour le 27 avril 2021 avec ajout des résultats des essais de phase 3 et précision de leur date de fin estimée.


EDIT: article mis à jour le 4 mai 2021 avec ajout d'une section concernant la deuxième vidéo.
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