Cette vidéo montre une frappe en Ukraine, pas une attaque contre une centrale nucléaire israélienne

La guerre au Moyen-Orient, qui a démarré le 28 février par une attaque israélo-américaine en Iran, se propage dans toute la région. L'Iran a riposté à des frappes israéliennes avec des missiles vers des pays du Golfe mais aussi vers Israël. Depuis, les internautes relaient une vidéo d'un bâtiment en feu affirmant qu'il s'agit de la centrale nucléaire de Dimona, dans le sud du pays. Mais ces images sont en réalité celles d'un dépôt de munitions en Ukraine et remontent à 2017. Les infrastructures critiques sont des cibles de choix, mais à ce stade, aucune n'a été atteinte en Israël.   

À la suite du lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, une séquence vidéo d'une vingtaine de secondes est devenue virale sur les réseaux sociaux. Sur X, un message partagé plus d'un millier de fois depuis le 1er mars prétend montrer "les installations nucléaires du régime et le réacteur de Dimona" en feu.

Censé représenter la ville de Dimona dans le désert du Néguev, en Israël, le clip circule aussi sur le compte X de "Camille Moscow", qui relaie fréquemment de la désinformation, notamment sur l'Ukraine.

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Capture d'écran réalisée le 3 mars 2026 sur X. Croix rouge ajoutée par l'AFP.

La séquence est également partagée sur des comptes basés sur le continent africain (1, 2, 3), avec la légende suivante : "CATASTROPHE NUCLÉAIRE EN VUE ? L'IRAN AFFIRME AVOIR DÉTRUIT LE RÉACTEUR DE DIMONA AVEC DES MISSILES FATAH ET KHEIBAR !"

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Capture d'écran réalisée le 3 mars 2026 sur Facebook. Croix rouge ajoutée par l'AFP.

Cette séquence est partagée dans de nombreuses langues, comme en anglais et en arabe, et aussi dans de nombreux pays du monde, comme aux Philippines, en Australie, au Pakistan, au Bangladesh, en Afrique du Sud, au Nigeria.

Mais en réalité, cette vidéo représente l'attaque d'un dépôt de munitions en Ukraine remontant au 23 mars 2017.

Des images d'un dépôt en Ukraine

En effectuant une recherche d'images inversées, l'AFP a pu établir qu'il s'agit du dépôt de Balakliïa (lien archivé ici). 

À l'époque, cette explosion avait été rapportée par l'AFP ainsi que par la BBC (liens archivés ici et ici).

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Photo prise et livrée par les services du Premier ministre ukrainien le 23 mars 2017. Elle montre la fumée après une serie d'explosions qui a touché un dépôt de munitions près de Balakliya, dans la province Kharkiv (Ukraine). (UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / HO)

Le parc et les immeubles visibles au premier plan ont pu être géolocalisés par l'AFP en Ukraine, aux coordonnées suivantes : 49.457373210215934, 36.83924992263002 (lien archivé ici).

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Capture d'écran Google Earth réalisée le 3 mars 2026 des lieux visibles sur la vidéo, images satellitaires datant de mai 2017, deux mois après les faits.

Par ailleurs, il faut noter qu'aucune indication officielle n'a fait mention que le complexe nucléaire de Dimona ait subi des dommages depuis le 28 février (lien archivé ici). 

En revanche, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé des "dégâts récents aux bâtiments d'entrée de l'usine souterraine d'enrichissement de combustible de Natanz, en Iran", après des raids israélo-américains (lien archivé ici). "Aucune conséquence radiologique n'est attendue et aucun impact supplémentaire n'a été détecté sur le site même de l'usine, qui avait été gravement endommagée lors du conflit de juin", a estimé l'AIEA sur X le 3 mars, sur la base des "dernières images satellites disponibles" (lien archivé ici).

AFP Factuel a déjà vérifié plusieurs images et vidéos depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, comme celle d'une fausse vidéo d'un porte-avions américain touché par des missiles iraniens, ou celle générée par IA montrant un bâtiment détruit en Israël et affirmant faussement qu'il s'agissait de l'ambassade de Côte d'Ivoire.

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