Image satellitaire de Planet Labs PBC du 24 mai 2026 montrant la colline sur laquelle se tenait le couvent de Yaroun. (Planet Labs PBC)

Liban : des images satellite prouvent la destruction d'un site religieux par l'armée israélienne

Israël a admis avoir endommagé, début mai 2026, le site d'une congrégation religieuse grecque-catholique dans le sud du Liban, lors d'opérations militaires visant à créer une zone interdite d'accès à l'intérieur du territoire libanais. Mais l'ampleur des destructions a rapidement été l'objet de récits contradictoires : Les autorités israéliennes et l'ambassadeur d'Israël en France ont nié que l'armée ait détruit le couvent et son école, affirmant avoir visé une "infrastructure terroriste" du Hezbollah. Des sources locales ont au contraire soutenu que le couvent avait été rasé. Des images satellite obtenues par l'AFP, des photos prises par des habitants et plusieurs témoignages montrent que le couvent, l'école et une large partie du village ont en réalité été détruits.

Présentes depuis les années 1970 à Yaroun, village situé à quelques kilomètres de la frontière avec Israël, les Sœurs du Saint-Sauveur occupaient jusqu'à son évacuation un grand couvent dans un complexe dépendant de l'archidiocèse de Tyr. Celui-ci abritait une école élémentaire et se trouvait à quelques mètres d'un dispensaire, dernier bâtiment du complexe encore debout. Les deux lieux recevaient l'appui pour leur fonctionnement de l'Ordre de Malte et de l'Œuvre d'Orient, une association française qui soutient des communautés religieuses au Moyen-Orient.

Le 1er mai 2026, l'Agence nationale d'information libanaise (Ani) a annoncé la destruction du "monastère et [de] l'école des Sœurs du Sacré-Cœur" : "L'armée ennemie israélienne mène une opération de dynamitage et de rasage contre le monastère et l'école des Sœurs du Rédempteur [ou "salvatoriennes", autres noms donnés à cette congrégation, NDLR] dans la ville de Yaroun, après une série d'opérations de bombardement et de démolition qui ont ciblé des maisons, des magasins, des routes et divers points de repère dans la ville" (lien archivé ici).

Le village, où cohabitaient chrétiens et musulmans, a été plusieurs fois endommagé et partiellement détruit par l'armée israélienne depuis 2023, et sa population déplacée à plusieurs reprises.

Après des opérations menées début mai par l'armée israélienne, l'archidiocèse de Tyr dont dépend le couvent a condamné "la destruction de cet édifice religieux et éducatif" par la voix de son évêque dans un communiqué paru le 2 mai (liens archivés ici et ici). 

L'Œuvre d'Orient a lui aussi dénoncé  un "acte volontaire de destruction d'un lieux [sic] de culte et la destruction systématique des habitations du Sud-Liban visant à empêcher le retour des populations civiles" (liens archivés ici et ici).

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Captures d'écran réalisées sur X (à gauche) et sur le site de l'Agence nationale d'information libanaise (à droite) des communiqués de l'Oeuvre d'Orient et du diocèse, le 06/05/2026.

Côté israélien, plusieurs versions divergentes et parfois contradictoires ont été portées par différents représentants civils et militaires.

Le 2 mai, l'armée israélienne a reconnu que ses forces avaient endommagé "l'une des maisons situées sur un site religieux" du site de Yaroun. Un porte-parole de l'armée en langue arabe, le colonel Avichay Adraee, a déclaré sur X qu'"il n'y avait aucun signe visible indiquant qu'il s'agissait d'un bâtiment religieux" (lien archivé ici). "Dès que des signes distinctifs clairs ont été observés sur un autre bâtiment du site, les forces ont agi pour empêcher tout dommage supplémentaire au site", a-t-il ajouté.

Sur son compte officiel en français sur X, l'Etat d'Israël est allé plus loin en qualifiant le 2 mai la destruction de "fake news" : "Le site est intact et en sécurité", affirme-t-il, et "les opérations de Tsahal [l'armée israélienne, NDLR] dans la zone ont visé des infrastructures terroristes du Hezbollah, tout en prenant les mesures nécessaires pour préserver le monastère ainsi que les autres sites religieux" (lien archivé ici).

Le 3 mai, le représentant d'Israël en France, Joshua Zarka, assure que "le couvent des sœurs Salvatoriennes à Yaroun dans le sud-Liban n’a pas était [sic] détruit, ni même touché" (lien archivé ici). 

D'après l'ambassadeur, "un bâtiment résidentiel en dehors du complexe religieux a été touché après qu’une enquête a conclu à son utilisation à des fins militaires, notamment pour des tirs de missile", et "toutes les mesures nécessaires ont été prises pour ne causer aucun dommage à tout bâtiment religieux".

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Captures d'écran réalisées sur X des communiqués de l'armée israélienne, de la page officielle d'Israël en France et de l'ambassadeur israélien en France, le 06/05/2026.

Une version contestée par le journaliste indépendant Arthur Sarradin, auquel l'ambassadeur a répondu sur X en assurant à nouveau le 3 mai que "le couvent des sœurs Salvatoriennes à Yaroun dans le sud-Liban n’a ni été détruit, ni même touché" et que "la photo publiée dans [le] précédent post montre le bâtiment touché par l'armée israélienne, sans être détruit... comme le confirment les images" (liens archivés ici et ici ).

À l'appui de ces affirmations, les trois comptes israéliens ont partagé les mêmes photos d'un bâtiment blanc à toiture rouge, laissant entendre qu'il s'agirait du couvent et que ce dernier serait intact ou, du moins, toujours debout.

Contacté par l'AFP le 4 mai 2026, un porte-parole de l'armée israélienne a assuré que le bâtiment blanc visible sur la photo partagée en ligne par les autorités était le couvent des Sœurs du Saint-Sauveur, et a répété que celui-ci était demeuré intact malgré les opérations de démolition.

Un dispensaire et un couvent

En réalité, le bâtiment sur la photo partagée par les autorités et la représentation israélienne en France n'est pas le couvent de Yaroun, bien qu'il se situe au sein du même complexe.

Une recherche d'image inversée combinée à une recherche avancée par mots-clés permet de retrouver la trace du bâtiment dont la photo a été partagée par les autorités israéliennes. Il s'agit d'un bâtiment servant de centre médico-social et de dispensaire géré par les sœurs salvatoriennes pour l'Ordre de Malte au Liban, sur le site duquel il est recensé parmi d'autres centres (lien archivé ici). 

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Capture d'écran réalisée sur le site de l'Ordre de Malte, le 08/05/2026.

"Nous avons vu le démenti des autorités israéliennes, qui ont diffusé une photographie d'un bâtiment, mais c'est en fait le bâtiment qui est à côté, qui est à 5 mètres", a confirmé le 6 mai à l'AFP un responsable régional de l'Œuvre d'Orient, connaisseur du site, qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité. "Mais ce n'est pas le couvent, c'est un bâtiment qui est un dispensaire où les religieuses allaient travailler".

Sa forme distinctive permet de le localiser : celui-ci se trouve à la périphérie du village sur une colline, au sein d'un complexe rassemblant plusieurs bâtiments.

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Comparaison de captures d'écran réalisées sur Google Earth avec la photo diffusée par les autorités israéliennes, le 08/05/2026. Encadrés de couleur ajoutés par l'AFP.

Deux autres petits immeubles sont situés en face du dispensaire, ainsi qu'un grand bâtiment comprenant plusieurs ailes et toitures de couleur griseil s'agit en fait du véritable couvent des sœurs salvatoriennes, qui abrite également une école élémentaire connue de la région.

Joints par l'AFP, l'Ordre de Malte, l'Ordre des Sœurs de Saint-Sauveur et l'Œuvre d'Orient ainsi qu'un responsable local ont confirmé les coordonnées du lieu et la fonction des bâtiments. 

"Le bâtiment rouge et blanc est le dispensaire", a indiqué le 5 mai à l'AFP Adib Ajaka, responsable local de Yaroun, "et à côté, c'est le couvent et l'école, qui ont été endommagés en 2023". Le dispensaire abritait également, au deuxième étage, des quartiers d'habitations du diocèse de Tyr où pouvait être logé le prêtre de la paroisse.

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"C'était notre couvent, ou plutôt c'était une maison religieuse", abonde la sœur Roukoz, une religieuse et ancienne mère supérieure générale de l'ordre du Saint-Sauveur contactée le 8 mai par l'AFP, "C'est une maison pour trois ou quatre religieuses, avec l'école au rez-de-chaussée".

Sur des photos envoyées par l'Œuvre d'Orient à l'AFP, on distingue bien les mêmes toits et appentis multiples que l'on peut voir sur d'autres photos, partagées par des pages Facebook locales (1, 2) montrant le couvent (liens archivés ici et ici). 

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Comparaison de captures d'écran réalisées sur Google Earth et de photos issues de photos obtenues par l'AFP, le 08/05/2026.

Les bâtiments du complexe, couvent et dispensaire, avaient été endommagés lors de la précédente offensive terrestre israélienne en 2023-2024 et évacués. La dernière sœur infirmière du dispensaire avait alors quitté les lieux, en même temps que la soixantaine de familles habitant le village. L'Ordre de Malte a indiqué le 5 mai 2026 à l'AFP que le dispensaire avait été alors relocalisé dans la ville voisine de Rmeich, située sur une colline à l'ouest de Yaroun, depuis laquelle on peut apercevoir les hauteurs du village et le complexe.

Sur les réseaux sociaux, le couvent des Sœurs de Saint-Sauveur a été régulièrement confondu par les internautes avec un autre édifice religieux : L'église Saint-Georges, qui se dressait au centre du village, à quelques centaines de mètres du couvent (lien archivé ici). L'église a été endommagée en 2023, puis de nouveau touchée lors des opérations de démolition du village, dont il ne reste "qu'une dizaine de maisons", a indiqué Adib Ajaka. 

Les images confirment la destruction

Ayant identifié la position et la fonction du bâtiment abritant le couvent et l'école, l'AFP a pu établir que le couvent a bien été détruit entre avril et début mai 2026. On constate sur ces images l'étendue des dégâts subis par le village, dont la plupart des habitations et bâtiments ont été détruits. 

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Images satellitaires de Planet Labs PBC du 30 janvier 2025 et du 24 mai 2026. L’AFP a pu établir selon une analyse d’imagerie satellitaire la destruction du couvent entre avril et début mai 2026. (Planet LABS PBC / AFP)

Les images détaillées de la colline sur laquelle se situait le couvent montrent que celui-ci a bien été rasé, contrairement à ce qu'ont affirmé les autorités et la représentation israélienne en France : là où se dressait l'imposante bâtisse ne restent que des décombres.

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Image satellitaire de Planet Labs PBC du 24 mai 2026 délimitant les bâtiments détruits depuis le 30 janvier 2026 (Planet Labs PBCS / AFP)

Le dispensaire de l'Ordre de Malte, attenant au couvent, est lui toujours debout malgré des dégâts subis précédemment. 

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Images satellitaires de Planet Labs PBC du 30 janvier 2025 et du 24 mai 2026. L’AFP a pu établir selon une analyse d’imagerie satellitaire la destruction du couvent entre avril et début mai 2026. (Planet Labs PBC / AFP)

L'église Saint-Georges a également été à nouveau sévèrement endommagée : il n'en reste que les murs extérieurs.  

Tractopelle et explosifs

"On a parlé d'un acte volontaire de destruction, car c'est un tractopelle qui s'est attaqué à ce bâtiment", a déclaré le responsable de l'Ordre de Malte, "Il ne s'agissait pas d'un tir ou d'une frappe qui aurait visé l'école".

Plusieurs autres témoignages font effectivement état d'une destruction du lieu par des engins de chantier et des explosifs : c'est notamment le cas de celui du père Charbel Naddaf, curé de la paroisse de Yaroun, qui a rapporté un récit similaire dans des articles parus dans l'Orient le Jour et la Croix (liens archivés ici et ici). 

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Capture d'écran réalisée sur X, le 05/05/2026.

Sur les réseaux sociaux, des médias libanais et comptes basés au Liban ont partagé des vidéos d'une pelle de démolition s'attaquant à une structure sur une colline, affirmant qu'elle montrerait la destruction du couvent (lien archivé ici).

L'analyse de ces séquences, comparées avec la position des infrastructures vues sur les images satellite, indique que le bâtiment en train d'être détruit sur les vidéos est vraisemblablement l'un des deux immeubles attenant au couvent, plutôt que le couvent lui-même. 

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Captures d'écran réalisées sur une vidéo obtenue par l'AFP montrant un engin de chantier s'attaquer au couvent de Yaroun, le 11/05/2026.

Mais une vidéo de meilleure qualité obtenue par l'AFP montre également une pelle de démolition attaquer le grand cube gris du couvent, à côté du bâtiment blanc et rouge du dispensaire de l'Ordre de Malte.

Une comparaison des bâtiments visibles sur la vidéo avec des photos obtenues par l'AFP et prises par des habitants du village de Rmeich (ayant requis l'anonymat pour des raisons de sécurité), sur la colline située en face de Yaroun, confirme qu'il s'agit bien du couvent. 

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Comparaison entre une vue satellite du complexe de bâtiments sur Google Maps, une image issue de la vidéo analysée par l'AFP et une capture d'écran de la vidéo partagée par l'Orient Le Jour, réalisée le 11/05/2026. Encadrés de couleur ajoutés par l'AFP.

Sur d'autres photos obtenues par l'AFP et prises le "vendredi 1er mai, à partir de midi" par des habitants, on voit le couvent des sœurs de Saint-Sauveur être progressivement détruit, jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. 

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Une photo émanant du diocèse de Tyr – prise au téléobjectif depuis la colline d'en face le 8 mai selon le responsable régional de l'Œuvre d'Orient – montre enfin le site presque totalement dévasté : on y voit le complexe abritant le couvent des Sœurs du Saint-Sauveur et les bâtiments adjacents réduits à l'état de décombres, à l'exception du dispensaire.

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Photo du site du couvent des soeurs de Saint-Sauveur, obtenue le 08/05/2026 par l'AFP. (Diocèse de Tyr, au Liban, à travers le bureau régional de l'Œuvre d'Orient.)

Un site religieux identifié

Contrairement à ce qu'ont affirmé les autorités israéliennes, des signes identifiant les lieux comme un bâtiment religieux et une école sont immédiatement visibles sur les images disponibles en ligne et sur celles obtenues par l'AFP de sources locales.

Un fait confirmé par le responsable régional de l'Œuvre d'Orient : "Les éléments qu'ont donnés les autorités israéliennes étaient flous, et ne correspondent pas à la réalité", a-t-il affirmé, "Il y avait une pancarte à l'entrée de l'école, en arabe, indiquant qu'il s'agit d'une école des Sœurs. On ne pouvait pas ne pas savoir que c'était un bâtiment religieux"

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Des photos obtenues par l'AFP le 08/05/2026 ou disponibles en ligne montrent la présence de signes religieux et de panneaux signalant la présence d'une école religieuse.

Sur plusieurs photos disponibles en ligne, une enseigne porte la mention "École élémentaire Saint-Georges" en arabe à l'entrée du couvent. Un autre panneau est visible de l'autre côté du bâtiment, portant la mention "École primaire Saint-Georges", jouxtant une icône de la Vierge surmontée d'une croix chrétienne.

Par ailleurs, l'école élémentaire en question était "connue dans la région", ont affirmé plusieurs témoins parmi lesquels l'Œuvre d'Orient, l'Ordre des Sœurs de Saint-Sauveur et des habitants de Yaroun.

La sœur Roukoz réfute l'idée que le lieu aurait pu être pris pour cible par erreur : "De 1972 à 1982, sur toute cette période, les responsables israéliens coopéraient avec les sœurs, ils nous ont donné des moyens pour faire cours, ils ont assisté aux cérémonies", balaie-t-elle. "Qui peut croire qu'ils ignoraient que c'était une école, un couvent ?"

"Urbicide"

La destruction du couvent s'inscrit dans un mouvement plus large de destruction de bâtiments civils observé dans plusieurs localités du sud du Liban depuis la reprise du conflit.

Israël occupe une bande de territoire au Liban qui s'étend sur une profondeur d'une dizaine de kilomètres le long de la frontière entre les deux pays, destinée, selon ses responsables, à constituer une "ligne jaune" afin de protéger les populations israéliennes du nord des tirs de roquettes de la formation chiite. 

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Cartes successives des ordres d'évacuation de l'armée israélienne au sud du Liban entre le 18 avril et le 20 mai, illustrant la multiplication des ordres d'évacuation loin de la ligne de démarcation tracée le 18 avril (AFP / Sophie RAMIS, Valentin RAKOVSKY)

Tandis que le Hezbollah continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne, celle-ci poursuit le pilonnage de plusieurs régions du Liban. Le 26 mai, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé étendre les opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune" (lien archivé ici).

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Un fidèle à l'intérieur de l'église Saint-Georges, gravement endommagée, le 25 décembre 2025 dans le village de Yaroun, au sud du Liban. (AFP / Mahmoud ZAYYAT)

Les autorités libanaises accusent Israël de commettre un "urbicide" dans le sud du pays, une stratégie militaire visant à oblitérer les villes et à rendre le retour de leurs habitants difficile, sinon impossible (lien archivé ici).  Elles ont recensé plus de 50.000 bâtiments détruits ou endommagés depuis le début de la guerre, ainsi que quelque 56.000 hectares de terres agricoles partis en fumée.

Le 22 avril, le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) avait lui annoncé le chiffre 50.000 logements détruits ou endommagés dans les opérations israéliennes dans les six premières semaines de la guerre (lien archivé ici).

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Carte montrant les destructions probables de bâtiments dans le Sud du Liban entre le 28 février et le 13 avril 2026, selon une analyse de dégâts effectuée à partir de données du satellite Copernicus Sentinel-1 par Corey Scher et Jamon Van Den Hoek de Conflict Ecology à l’université de l’Oregon. Plus de la moitié des dégâts se situent au sud d'une "Ligne jaune" de démarcation tracée par Israël le 18 avril (AFP / Sabrina BLANCHARD, Sylvie HUSSON, Guillermo ARIAS)

Ecoles, lieux de culte, infrastructures vitales : la destruction n'a rien épargné, dans les zones occupées par Israël comme dans celles qu'il pilonne intensivement. Un phénomène qui a frappé Yaroun, lourdement endommagé avant 2025 et presque entièrement anéanti dans l'invasion qui a suivi la reprise du conflit.

Le couvent des sœurs melkites et l'église Saint-Georges ne sont pas les seuls bâtiments religieux touchés : À quelques centaines de mètres de l'église, la mosquée Al Imam Ali Abi Taleb a été très lourdement endommagée en 2025 lors de précédents bombardements. 

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Photo d'une mosquée détruite dans le village de Yaroun, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 19 février 2025. (AFP / Fadel ITANI)

De nombreux internautes se sont émus sur les réseaux sociaux de la destruction du couvent, survenue peu de temps après la destruction d'une statue du Christ par un soldat israélien, dans la commune de Debel, au sud Liban, un incident très médiatisé (lien archivé ici). 

Le scénario s'est reproduit quelques semaines plus tard, après que deux soldats israéliens se soient pris en photo en train de faire fumer une statue de la Vierge (lien archivé ici). Dans les deux cas et contrairement au couvent de Yaroun, dont l'armée israélienne continue de nier la destruction à la date de publication de cet article, les autorités israéliennes avaient rapidement réagi en condamnant les soldats à de courtes peines de prison.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.300 morts depuis le début du conflit début mars, selon le dernier bilan global du ministère de la Santé publié le 27 mai 2026. Sur la même période, plus d'une vingtaine de personnes ont été tuées côté israélien, dont un contractuel civil, depuis le début des hostilités. 

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