
Non, cette photo ne montre pas "le résultat du port du masque de manière excessive"
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- Publié le 16 septembre 2020 à 11:35
- Lecture : 3 min
- Par : AFP Belgrade, AFP France
- Traduction et adaptation : Rémi BANET
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"Voici le résultat du port du masque de manière excessive. Je ne vous parle pas de l'état de vos bronches !!", peut-on lire sur l'image en lettres blanches.

A l'origine, la photo a été publiée sur Facebook le 13 août par Pixie Carpenter, qui se décrit comme travaillant dans le service de radiologie du Centre médical de l'Université Vanderbilt (VUMC), à Nashville, dans le Tennessee (Etats-Unis).
"Les gens doivent savoir que si un masque N95 [équivalent des masques FFP2] décontaminé ne paraît pas normal, ils doivent l'enlever immédiatement et laver leur visage", a-t-elle écrit ce jour-là, invitant dans ce cas à utiliser "un masque tout neuf".

"Je portais un masque N95 [haute protection] qui avait été décontaminé et j'ai eu le visage brûlé. Je l'ai porté pendant trois heures avant de réaliser qu'il se passait quelque chose d'anormal", expliquait l'Américaine dans une vidéo publiée quatre jours plus tôt sur sa page Facebook.
Dans plusieurs commentaires, la soignante – que l'AFP a cherché à joindre – confirme que ses brûlures ont été causées par des résidus de produits chimiques utilisés pour stériliser son masque, et non par le masque en lui-même.
"Ce n'est pas le masque qui a provoqué spécifiquement ces brûlures. C'était un masque N95 décontaminé afin que nous le réutilisions. (...) Apparemment des produits chimiques n'ont pas été éliminés et ont brûlé mon visage", a-t-elle écrit dans l'un d'eux le 15 août, en réponse à un internaute accusant la Chine d'exporter des masques dangereux.

"Nous ne savons pas si la réaction de notre employée a été causée par le produit chimique utilisé pour décontaminer le masque (du peroxyde d'oxygène) ou s'il s'agit d'une réaction à une partie du masque en lui-même", a expliqué à l'AFP Craig Boerner, porte-parole du Centre médical de l'Université Vanderbilt, ajoutant qu'il s'agissait "à ce stade de la première employée sur près de 26.000 à subir ce type de réaction".
A la suite de l'incident, M. Boerner a précisé que des consignes avaient été adressés aux soignants de l'établissement, qui a "commencé [en avril] à utiliser du peroxyde d'oxygène (...) pour la stérilisation de masques N95 utilisés par le personnel soignant ", selon un communiqué publié sur son site.
"Les masques N95 sont généralement jetés après un usage unique, mais la menace d'une pénurie a poussé des hôpitaux américains à adopter des procédures de stérilisation pour permettre leur réemploi", précise le communiqué.
En France, un groupe de scientifiques formés par des membres du CNRS et du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), mais aussi de l’Inserm et l’Anses, explorent depuis mars des pistes pour pouvoir réutiliser les masques jetables de type chirurgicaux et FFP2.