Covid-19 : Non, la première Britannique vaccinée n'est pas morte quelques jours après l'injection

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Des publications partagées des milliers de fois sur Facebook depuis le 10 décembre affirment que Margaret Keenan, la première Britannique à avoir reçu un vaccin contre le Covid-19 dans le cadre de la campagne lancée au Royaume-Uni, est décédée dans les jours qui ont suivi l'injection. "C'est complètement faux", a affirmé à l'AFP le service public de santé (NHS) anglais, qui supervise la campagne.

"La première anglaise qui a été vaccinée à 90 ans est décédée hier et personne n'en parle", s'étonnent plusieurs publications Facebook en français (1,2,3) partagées des milliers de fois.

(Capture d'écran réalisée sur Facebook le 18 décembre 2020)

Ces messages font référence à Margaret Keenan, une grand-mère britannique de 90 ans, devenue mardi 8 décembre la première patiente au monde à recevoir le vaccin Pfizer/BioNTech dans le cadre de la campagne de vaccination massive contre le nouveau coronavirus lancée par le Royaume-Uni.

L'anglaise Margaret Keenan pendant l'administration d'un vaccin contre le Covid-19, le 8 décembre 2020

Vaccinée dans un hôpital de Coventry, dans le centre de l'Angleterre, devant un grand nombre de médias venus pour l'occasion, cette ancienne bijoutière s'est déclarée "privilégiée d'être la première personne à être vaccinée contre le Covid-19".

"C'est le meilleur cadeau d'anniversaire anticipé que j'aurais pu espérer", a-t-elle dit aux caméras en quittant l'établissement.

Depuis, elle a été la cible de fausses informations sur les réseaux sociaux, certains internautes l'accusant d'être une actrice, d'être décédée en 2008 ou d'avoir déjà été vaccinée contre le Covid-19 aux Etats-Unis. Des affirmations démontées par l'AFP et d'autres médias.

Sous ce genre de publications, régulièrement, des commentaires d'internautes disent qu'ils ne comptent pas se faire vacciner.

La rhétorique anti-vaccins n'est pas neuve mais gagne en visibilité à la faveur d'une pandémie à l'ampleur inédite, expliquent des spécialistes interrogés par l'AFP dans cet article.

Depuis l'administration du vaccin, Mme Keenan n'a pas fait d'apparition publique ou de déclarations dans les médias, selon nos recherches. Les recherches en ligne réalisées par l'AFP n'ont pas permis non plus de confirmer cette allégation. 

"C'est absolument faux"

Interrogée par l'AFP vendredi 18 décembre, un porte-parole du service public de santé (NHS) anglais, qui supervise la campagne de vaccination lancée sur le territoire, a affirmé que cette rumeur était "absolument fausse", sans faire d'autres commentaires.

Par ailleurs, certaines des publications affirment que le décès de Mme Keenan a été annoncé à la BBC, avant que le média ne fasse machine arrière.

(Capture d'écran réalisée sur Facebook le 22 décembre 2020)

Un membre du service de presse de la BBC a affirmé à l'AFP jeudi 17 décembre que le média n'avait "ni publié, ni supprimé d'article à ce sujet".

500.000 doses administrées

Au 21 décembre, plus de 500.000 doses du vaccin Pfizer/BioNTech ont été administrées au Royaume-Uni, selon le compte officiel du Premier ministre Boris Johnson.

Aucun décès lié à l'administration du vaccin n'a été recensé par les autorités sanitaires britanniques à ce stade. 

Le 9 décembre, elles ont déconseillé d'administrer le vaccin de Pfizer et BioNTech aux personnes ayant eu dans le passé d'"importantes réactions allergiques", deux personnes ayant mal réagi aux premières injections.

"Deux personnes ayant connu des réactions allergiques importantes ont mal réagi", avait indiqué Stephen Powis, directeur médical du service national de santé (NHS) pour l'Angleterre dans cette dépêche. "Les deux se remettent bien", avait-il ajouté.

Au 21 décembre, le Covid-19 a fait plus de 67.000 morts au Royaume-Uni, l'un des plus lourds bilans en Europe.

Depuis la semaine dernière, le pays doit également faire face à une nouvelle souche de coronavirus décrite dimanche 20 décembre comme "hors de contrôle" par le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, justifiant un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre.

François D'Astier
CORONAVIRUS