Rentrée des classes à Toulouse le 1er septembre 2020 (AFP / Lionel Bonaventure)

Aucune vaccination contre le Covid-19 n'est prévue dans les écoles à la rentrée

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Un document partagé des milliers de fois depuis le 26 août sur les réseaux sociaux à l'approche de la rentrée prétend permettre aux parents de refuser tests de dépistage et vaccins contre le Covid-19 dans les établissements scolaires. Rien de tel n'est prévu par l'Education nationale à ce stade et des actes de ce type ne pourraient de toute façon pas être réalisés par les infirmiers sans l'autorisation des parents.

"Bonjour à tous les parents, je vous joins une copie de lettre-type que nous avons envoyé aux établissements fréquentés par nos enfants, leur rappelant notre REFUS DE TEST, RETRAIT, VACCIN SANS NOTRE ACCORD", écrit l'auteur d'une publication diffusant le document, partagée 7.300 fois depuis le 26 août.

capture d'écran réalisée sur Facebook le 2 septembre 2020

La lettre, intitulée "avenant dérogatoire à la fiche d'infirmerie", est une demande à remplir par un parent d'élève pour que son "fils (fille) ne soit soumis à aucun test Covid-19 (...) ni aucun à aucun vaccin (relatif au Covid ou non)".

Pas de campagne de vaccination contre le Covid à la rentrée

Des chercheurs du monde entier se sont lancés dans une course contre la montre pour trouver un vaccin avec l'espoir d'une découverte dans plusieurs mois, au mieux. Cette dépêche de l'AFP fait le point, au 21 août, des vaccins à l'étude contre le Covid-19. 

Toutefois, il n'existe à ce stade aucun vaccin disponible contre le nouveau coronavirus. L'Education nationale n'a prévu aucune campagne de vaccination dans le cadre de la rentrée scolaire.

Dans son protocole sanitaire des établissements scolaires pour l'année 2020-2021, le ministère ne mentionne ni vaccination, ni campagne de tests PCR ou sérologiques.

Seuls sont imposés, pour les élèves comme pour les personnels, le port du masque obligatoire à partir du collège et un lavage des mains régulier.

Le document demande également aux parents de "ne pas mettre leurs enfants à l'école en cas de fièvre ou d'appartion de symptômes évoquant le Covid-19" pour empêcher la contamination d'autres personnes.

capture d'écran réalisée sur le site de l'éducation nationale le 2 septembre 2020

Comme l'ont repéré nos confrères de FranceInfo, une circulaire du ministère datée du 12 mars 2020 détaille également la procédure à respecter au sein des établissements quand un cas de Covid-19 est suspecté ou avéré.

"Les élèves ou les membres du personnel présentant dès leur arrivée ou développant dans la journée une symptomatologie susceptible d'évoquer une infection par le Covid-19 doivent être immédiatement isolés du reste de la communauté scolaire dans une pièce dédiée permettant de veiller sur eux. À chaque fois que cela est possible, ils sont accompagnés par l'infirmier ou le médecin de l'éducation nationale ou, en leur l'absence, par un personnel désigné par le directeur d'école ou par le chef d'établissement qui veille au respect des gestes barrières", peut-on lire dans la circulaire.

"S'agissant d'un élève, l'école ou l'établissement a la responsabilité de contacter les parents", est-il ajouté.

"On ne peut outrepasser l'autorité parentale"

En France, un enfant doit effectivement recevoir un certain nombre de vaccins avant d'être inscrit en collectivité. "Le nombre de vaccins obligatoires dépend de la date de naissance de l'enfant", relève le gouvernement sur son site, avant de détailler la liste complète de ces vaccins.

Toutefois, ces vaccins ne sont pas administrés par l'infirmier de l'établissement contrairement à ce que peut laisser entendre la publication virale.

"On est pas un milieu de soins, on est au service des élèves", a expliqué le 2 septembre à l'AFP Saphia Guereschi, secrétaire générale SNICS-FSU, syndicat national des infirmières et infirmiers de l'Education nationale.

Un infirmier scolaire ne réalise pas de vaccin au sein de son établissement, lié au Covid ou non, mais prodigue une "médecine de soulagement", a dit Mme Guereschi.

Les actes réalisables par le personnel de santé scolaire sont répertoriés dans un bulletin officiel de l’Education nationale daté du 6 janvier 2000. La vaccination et les tests de dépistage n'y apparaissent pas.

Même si c'était le cas, "on ne peut pas outrepasser l'autorité parentale, c'est dans la loi. Tout acte ne peut être engagé sans l'autorisation des parents", a assuré la secrétaire générale SNICS-FSU.

Seule exception, "les cas d'urgences pour préserver la continuité de la vie dans l'attente des secours", a-t-elle noté. 

Depuis le début de l'épidémie de nouveau coronavirus, l'AFP a vérifié de nombreuses publications virales portant sur la vaccination, liée au Covid-19 ou non. 

La rhétorique anti-vaccins n'est pas neuve mais a gagné en visibilité à la faveur de cette pandémie à l'ampleur inédite. Retrouvez notre article sur le sujet

François D'Astier
CORONAVIRUS