Non, l'Australie n'a pas mis fin à la vaccination contre le Covid-19 "pour infection au VIH"

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Des publications Facebook partagées plus d'un millier de fois depuis le 5 janvier affirment que l'Australie a mis fin à la "vaccination" contre le Covid-19 "pour infection au VIH". C'est doublement faux : l'Australie a abandonné en décembre un vaccin en première phase d'essais après des faux positifs au VIH parmi des participants aux essais – et non pour une "infection au VIH" –, et le pays prévoit bien par ailleurs de vacciner sa population contre le Covid.

"Fin de la vaccination en Australie pour infection au HIV", affirme l'auteur de l'une de ces publications.

Capture d'écran Facebook prise le 07/01/2021

Cette affirmation est doublement fausse.

1) Une "infection au VIH" suite à un vaccin contre le Covid-19 ?

Aucune "infection au VIH" suite à l'administration d'un vaccin contre le Covid-19 n'a été recensée dans le pays, contrairement à ce qu'affirme la publication Facebook ci-dessus.

L'histoire est tout autre : la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19 en Australie a été abandonnée vendredi 11 décembre, car des essais cliniques avaient produit un résultat faussement positif de VIH parmi des participants aux tests, a annoncé le gouvernement australien. 

C'est d'ailleurs ce qu'explique l'article de Business Insider qui apparaît sur l'image postée par l'auteur de la publication Facebook. Problème : l'auteur de la capture d'écran n'a conservé que la première ligne du titre ("L'Australie devient le premier pays à abandonner"...), alors que le titre complet précise que cet abandon concerne un "projet de vaccin".

Par ailleurs, le titre (et l'article) explique que cet abandon est lié à des faux positifs, et non à des "infections" au VIH.

Capture d'écran du site de Business Insider prise le 07/01/2021

Bien que ce vaccin se soit révélé "prometteur" pour contrer le nouveau coronavirus et qu'il n’y ait aucun risque de transmettre le VIH en l'administrant, selon les chercheurs, son développement a été abandonné par crainte de miner la confiance de la population dans les vaccins, a déclaré le secrétaire du ministère de la Santé, Brendan Murphy. 

Ce candidat vaccin, qui était encore en première phase d'essais à l'Université du Queensland, utilisait une faible quantité de protéine du VIH. Or, il déclenchait une réponse d'anticorps pouvant interférer avec le dépistage du VIH, a expliqué le ministre de la Santé, Greg Hunt.

2) "Fin de la vaccination en Australie" ?

Cet abandon n'a pas conduit l'Australie à renoncer à la vaccination. Le gouvernement australien a précisé le 11 décembre que cette annonce ne modifiait pas le programme de déploiement d'autres vaccins contre le Covid-19 dans le pays en mars, comme expliqué dans cette dépêche AFP.

Dans son ensemble, l'Australie a plutôt bien réussi à contenir la pandémie mais des foyers épidémiques sont récemment apparus dans les deux plus grandes villes du pays, Sydney et Melbourne. 

Le pays, qui compte quelque 25 millions d'habitants, a prévu d'acheter près de 54 millions de doses du vaccin anti-Covid développé par le groupe britannique AstraZeneca avec l'université d'Oxford et quelque 3,8 millions seront livrées au début de l'année. 

L'Australie a également conclu un accord en vue d'acquérir cette année 51 millions de doses du vaccin produit par Novavax et 10 millions de vaccins de Pfizer/BioNTech.

Le pays ne veut toutefois pas vacciner de manière précipitée : le Premier ministre australien Scott Morrison a déclaré mardi 5 janvier ne pas vouloir prendre de "risques inutiles".

"L'Australie n'est pas dans une situation d'urgence comme le Royaume-Uni", a-t-il dit.

Rémi Banet
VACCINS COVID-19