Non, ce visuel ne montre pas une autorisation de sortie dans les années 1940

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Un visuel, partagé plusieurs milliers de fois en 3 jours sur Facebook, est supposé montrer une attestation de sortie sous l'Occupation allemande en France en 1940, reprenant des termes des attestations de déplacement dérogatoire en vigueur aujourd'hui. S'il existait bien des laissez-passer sous l'Occupation, celui-ci est un montage, pris au premier degré par certains internautes.   

Capture d'écran Facebook prise le 17/04/2020

"Quand tu découvres que nos attestations actuelles sont un copié-collé de celles de 1940", écrit l'auteur d'une publication (qui n'est pas nécessairement l'auteur du montage). 

Dans le commentaires, certaines personnes semblent prendre le document au sérieux : 

D'autres dénoncent au contraire un "montage", se moquant notamment du mot "Covid 19" figurant sur un laissez-passer de 1940. 

Capture d'écran de la publication Facebook, prise le 17 avril 2020

En effectuant plusieurs recherches d'images inversées sur cette photo, on retrouve un document particulièrement ressemblant. Il semble avoir été utilisé pour réaliser, au moins en partie, le montage.

Les signatures et les sceaux au bas du document, sont exactement les mêmes et sont situées au même endroit que sur le laissez-passer que nous vérifions. 

"Le document original concerne la Somme, un département divisé par la ligne délimitant la zone interdite du reste de la zone occupée. L'Ausweis en question ici permettait à certains commerçants et travailleurs de travailler la journée dans une zone et de rentrer chez eux dans l'autre zone le soir venu", a déclaré à l'AFP le professeur Eric Alary, historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et auteur de Nouvelle Histoire de l'Occupation (éd. Perrin)

"Il existait d'autres laissez-passer pour traverser la ligne de démarcation de 1 200 km qui sinuait de la frontière suisse jusqu'à la Touraine puis de celle-ci jusqu'à la frontière espagnole. Il y avait les laissez passer dits 'Petite frontière' pour les riverains de la ligne dans treize départements divisés et les laissez passer 'grande frontière' qui étaient délivrés au compte-gouttes pour des voyages plus longs entre les deux zones. Même les ministres n'en avaient pas de façon permanente", poursuit-il.

"J'ai vu des centaines de laissez-passer et aucun ne ressemble aux attestations actuelles", conclut l'historien. 

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