Le Hezbollah n’a pas éliminé le chef d’état-major de l’armée israélienne

Les combats se poursuivent dans le sud du Liban entre l’armée israélienne et le Hezbollah, un front qui s’ajoute à celui qui oppose Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Les bombardements de l’armée israélienne et les attaques de drones sont quasi quotidiens. C’est dans ce contexte de tension que des publications sur les réseaux sociaux font état de la mort du chef d’état-major de l’armée israélienne, affirmant qu'il a été tué lors d’une attaque de drone contre une base militaire le 13 octobre 2024. Mais Herzi Halevi s’est rendu sur ladite base après l’attaque.

"Le chef de l’armée israélienne a été liquidé affirment [sic] le Hezbollah. Un drone du Hezbollah a assassiné le chef d'état-major de l'armée israélienne, Herzi Halevi, à TelAviv" indique l’auteur d’une publication Facebook le 14 octobre 2024. Le texte qui accompagne une photo du chef d’état-major de l’armée israélienne ajoute qu’il "était à Acre, à la base de la brigade Golani qui a été ciblé [sic] par les drones du Hezbollah".

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(SUY Kahofi)

Cette information relative à la supposée mort d’Herzi Halevi a commencé à faire le tour d’internet et des réseaux sociaux peu après l’attaque d’une base en Israël attribuée au Hezbollah. L’attaque de drone a coûté la vie à quatre soldats dans un camp militaire israélien près de la ville de Haïfa, dans le nord du pays.

La même information a circulé sur différents réseaux sociaux (X, Facebook, Instagram, Threads, TikTok, YouTube, Rumble) et dans différentes langues comme ici en espagnolarabe, turc, italien et coréen. La chaîne pakistanaise GTV News a également fait état de ces rumeurs en ligne non confirmées.

Le Hezbollah affirme que ses frappes sont menées en solidarité avec "le peuple palestinien". La bande de Gaza est le théâtre d’une guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée après que le mouvement palestinien a mené une attaque d'une ampleur sans précédent le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, entraînant la mort de 1.206 personnes, pour la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP à partir des chiffres officiels israéliens. Ce chiffre inclut les otages tués en captivité.

La campagne militaire de représailles menée par Israël à Gaza a tué 42.438 personnes, selon un bilan du ministère de la Santé du Hamas publié le 17 octobre. Les Nations unies ont qualifié ces chiffres de fiables. Au Liban, l’ONU a recensé près de 700.000 personnes déplacées.

Malgré les messages annonçant sa mort, M. Halevi s'est rendu à la base d’entraînement de Binyamina, qui hébergeait des membres de la brigade israélienne Golani, le 14 octobre, quelques heures après l'attaque de drone du Hezbollah. "Nous sommes en guerre, et une attaque contre une base d'entraînement sur le front intérieur est difficile et les résultats sont douloureux", a-t-il indiqué aux soldats pendant la visite.

Des images prises par l’armée israélienne (ici et ici) montrent M. Halevi se promenant sur le site avec d'autres membres de l’armée (archivées ici et ici).

L’armée israélienne a également publié un communiqué sur X confirmant le nombre de soldats tués dans l’attaque et demandant aux internautes d'arrêter de spéculer sur leurs noms (archivé ici). 

Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza puis dans le sud du Liban, AFP Factuel a déjà vérifié plusieurs fausses informations relatives à ce conflit au Moyen-Orient (1, 2, 3, 4).

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