(AFP / Thomas Coex)

Le port du masque dans les transports en commun est obligatoire à partir du 11 mai

Ne pas porter un masque dans les transports en commun à partir de lundi sera-t-il toléré lors des premiers jours du déconfinement ? Une phrase prononcée vendredi 8 mai par la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, a donné lieu à des interrogations sur les réseaux sociaux. A partir du 11 mai, le port du masque dans les transports en commun est bien obligatoire, selon le gouvernement. Les usagers risquent donc une amende.

Au lendemain de la présentation du plan déconfinement par le gouvernement, Agnès Pannier-Runacher a détaillé vendredi 8 mai les moyens de se procurer un masque de protection, en vue du déconfinement lundi.

Alors qu'Edouard Philippe avait annoncé l'obligation de port du masque dans les transports en commun, elle a "salué"  l'initiative de certaines collectivités locales d'avoir "pris en charge la distribution de masques à leurs administrés".

Agnès Pannier-Runacher a également prononcé la phrase suivante: "Gratuitement, enfin, dans certains transports publics, les premiers jours, si vous n'avez pas réussi à trouver un masque, vous n'aurez pas cet obstacle et vous pourrez prendre ces transports publics et aller travailler le premier jour".

 

Cette phrase a suscité la perplexité de certains internautes qui y ont vu l'annonce d'une période de tolérance dans les transports publics en cas d'absence de masque, dans les premiers jours du déconfinement.

"Agnès Pannier-Runacher: 'Les premiers jours, dans certains transports publics, vous pourrez aller travailler si vous n'avez pas trouvé un masque'", peut-on par exemple lire dans un tweet de BFM TV, relayant la vidéo des déclarations de la secrétaire d'Etat.

Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Pompidou et maire (LR) de La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine, a appelé le samedi 9 mai sur Twitter à ne pas suivre "les instructions de la ministre" :

Prise seule, la phrase de Mme Pannier-Runacher porte en effet à confusion.

Mais si l'on visionne le début de la prise de parole de Mme Pannier-Runacher sur les moyens d'obtenir des masques, disponible sur la page Facebook de BFMTV, à partir de 16m10, la déclaration est moins ambiguë.

"Nous allons maintenant étudier les différentes situations qui peuvent concerner les Français et détailler les différents moyens d'obtenir des masques. Vous êtes un particulier, comment vous procurer un masque ? Il y a différentes possibilités", dit-elle deux minutes plus tôt.

Et donc, parmi ces situations, il sera possible de se procurer un masque de la façon suivante : "gratuitement (...) dans certains transports publics, les premiers jours, si vous n'avez pas réussi à trouver un masque. Vous n'aurez (donc, ndlr) pas cet obstacle et vous pourrez prendre ces transports publics et aller travailler le premier jour", dit-elle.

Des propos illustrés par l'infographie qui se trouve à sa gauche :

(capture d'écran réalisée sur Facebook le 9 mai 2020)

Dans un second tweet, la chaîne d'information BFMTV a ajouté une précision à la vidéo qu'elle avait diffusée sur Twitter, qui n'incluait pas le début des propos de la ministre :

Mme Pannier-Runacher a elle-même répondu aux interrogations sur son compte Twitter samedi 9 mai en rappelant que "les masques seront obligatoires dès le premier jour dans les transports publics".

Les contrevenants seront passibles d'une amende de 135 euros, avait indiqué jeudi la ministre Elisabeth Borne.

Des masques en tissu, dit "grand public", seront mis à disposition dans les transports en commun "dans les premiers jours du déconfinement pour les distribuer en appoint aux personnes qui n'auraient pu s'en procurer", avait ajouté Mme Borne.

Tolérance pour l'attestation employeur en Ile-de-France

Lors de la même conférence de presse vendredi 8 mai, Christophe Castaner a bien évoqué une période de tolérance, mais elle concernait l'attestation d'employeur dans les transports en commun d'Ile-de-France et aux heures de pointe.

Interrogé vendredi 8 mai (à 33m10 de cette vidéo) sur une tolérance en cas d'absence de masque dans les transports en commun, Christophe Castaner a estimé "qu'il ne fallait pas attendre" pour que cette mesure soit appliquée.

"Il faut raisonner en bon sens. L'objectif de cette contrainte du port du masque n'est pas d'être sanctionnée, elle est d'éviter que l'on attrape et que l'on diffuse le Covid-19. Autant sur les questions d'attestation (...) il est nécessaire de prendre le temps de montée en puissance, autant sur la prise de risque, il ne faut pas attendre", a-t-il expliqué.

Au 9 mai, les autorités n'ont pas fait état dans une déclaration officielle d'une période de tolérance sur l'absence de port de masque dans les transports en commun.

Par contre, une tolérance "dans les premiers jours" du déconfinement sera appliquée aux usagers d'Ile-de-France ne pouvant pas présenter l'attestation employeur instituée à partir de lundi dans les transports en commun de la région, ont expliqué les autorités.

Cette dernière sera contrôlée "entre 6H30 et 9H30", et "le soir entre 16H00 et 19H00", a notamment expliqué vendredi Valérie Pécresse (ex-LR), présidente de région.

Les contrôles seront menés "dans les grandes gares" mais "en dehors de ces plages horaires, les transports qui ne seront pas saturés sont évidemment ouverts à tous", a ajouté Mme Pécresse, qui préside également Ile-de-France mobilités, sur France2. 

Toutefois "il y aura une tolérance dans les premiers jours, l'objectif n'est pas la verbalisation mais de donner priorité à ceux qui ont absolument besoin des transports en commun, ceux qui vont travailler", a-t-elle précisé.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé que l'Etat mettrait à partir de lundi, date du début du déconfinement, "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport pour qu'ils les distribuent à leurs usagers".

M. Castaner a précisé que sur ce total, "4,4 millions de masques" étaient destinés à l'Ile-de-France.

Note ajout déclaration Castaner dernier paragraphe et contexte attestation employeur