Jordan Bardella (centre), président du Rassemblement national, au côté de Fabrice Leggeri (gauche), membre du RN, député européen Patriotes pour l'Europe et ex-patron de l'agence de l'Union européenne chargée du contrôle des frontières Frontex, lors d'une visite à la frontière franco-italienne à Menton (Alpes-Maritimes, sud-est de la France), le 19 février 2024 (AFP / Nicolas TUCAT)

Immigration : des chercheurs alertent sur la prolifération d'analyses biaisées

A l'approche de la présidentielle, l'immigration est de retour dans le débat public. Face à certains chiffres brandis, des chercheurs alertent sur la prolifération d'interprétations erronées de statistiques officielles, notamment diffusées par l'Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID), financé par le milliardaire ultra-conservateur Pierre-Edouard Stérin, et alimentant le narratif d'une "submersion" migratoire de la France, porté par l'extrême droite et une partie de la droite.

Ces chercheurs s'inquiètent d'une production systématisée par le think tank, et par des influenceurs sur les réseaux sociaux, d'analyses de statistiques officielles avec une méthodologie qu'ils jugent biaisée. Sans nier les enjeux liés aux questions migratoires, ils y voient une stratégie délibérée pour nourrir l'idée d'un "trop-plein" d'immigrés qui mettrait en danger l'"identité" du pays et engendrerait uniquement coûts et problèmes.

Il s'agit d'imposer "l'idée de masse, de quelque chose d'insupportable", estime auprès de l'AFP Factuel Tristan Boursier, docteur en science politique à l'Université de Montréal et à Sciences Po Paris.

Or, dans l'imaginaire collectif, "le chiffre, c'est la preuve", relève Antoine Math, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires).

Ces 25 dernières années, "il y a une forte augmentation [de l'immigration, NDLR], qui n'a ni été prévue, ni été gérée, mais [...] ce n'est pas une submersion", a estimé Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, qui publie "De l'immigration en France" (Grasset), sur France Culture le 4 juin 2026 (lien archivé ici).

A la fin des années 1970, le Front national (FN, devenu RN depuis) de Jean-Marie Le Pen maniait déjà un percutant "Un million de chômeurs, c'est un million d'immigrés de trop !" (lien archivé ici). Et en 1990, il publiait le rapport Milloz sur "le coût de l'immigration", aux conclusions contestées par de nombreux experts (liens archivés ici et ici).

Dans les années 1980, le débat se cristallisait sur la délinquance des étrangers. Des chercheurs rappelaient alors que leur sur-représentation dans les statistiques provenait notamment d'infractions spécifiques au droit au séjour - qui par définition ne concernent pas les citoyens français, rappelle Patrick Simon, directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined).

"Il y a 20 ou 30 ans, les données publiques [officielles, NDLR] étaient déjà disponibles, et des publications d'obédience d'extrême droite parlaient d'immigration avec une certaine manipulation des chiffres. Mais c'était relativement confidentiel, et il n'y avait pas les modes de diffusion d'aujourd'hui", explique Antoine Math, à l'Ires.

"Normaliser" l'idée d'une "submersion"

Ces dernières années, la donne a changé. "Des communicants qui ne se revendiquent pas d'un message politique mais d'une certaine forme d'objectivité alimentent, à travers les statistiques utilisées, un discours qui est celui du trop-plein, de la submersion, et font pour cela un travail de compilation des données et de commentaire qui est systématisé et plus avancé qu'avant ", constate Patrick Simon.

Sur les réseaux sociaux, des influenceurs produisent ainsi des visuels censés démontrer une "défrancisation" du territoire à partir de chiffres aux sources parfois troubles, compilant notamment l'implantation des boucheries halal ou la fréquence des prénoms de naissance musulmans.

D'autres, comme le compte "Marc Vanguard" sur X ou l'OID, revendiquent rigueur et objectivité en fondant leurs travaux sur des chiffres officiels publiés par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et le service statistique ministériel de la Sécurité intérieure (SSMSI), selon plusieurs chercheurs interrogés par l'AFP.

"Ils isolent un chiffre, qui peut-être exact en lui-même, et un seul facteur, qui est l'étranger, sans contextualiser ce chiffre", souligne Antoine Math, à l'Ires.

"Ils mélangent des catégories administratives : immigrés, demandeurs d'asile, immigrés ayant obtenu l'asile, etc... et opèrent une catégorisation entre immigrés intra et extra-européens", créant de fait "une racialisation de l'immigration en utilisant des termes plus policés à connotation administrative ou neutre", décrypte Tristan Boursier.

"Produire un travail intellectuel pour légitimer un propos et le diffuser de manière normalisée dans la société" est typique de la "stratégie métapolitique" adoptée désormais par l'extrême droite, aux portes du pouvoir en France, analyse le chercheur de l'Université de Montréal et Sciences Po Paris.

"La guerre n'est pas sur les données, mais sur leur interprétation, leur mise en forme, et ce qu'on va leur faire dire", résume Patrick Simon, à l'Ined, dénonçant des "biais d'interprétation qui servent à alimenter un discours péjoratif sur l'immigration". "Cette communication, assez proche de la vulgarisation scientifique, a un effet de conviction encore plus important, d'autant plus qu'ils se prétendent non partisans", relève-t-il.

Echelle manipulée

L'AFP n'a pas pu identifier le ou les propriétaire(s) du compte "Marc Vanguard", qui dispose également d'un site internet et dont le nom apparaît parfois en tant qu'auteur ou contributeur dans des articles de Valeurs Actuelles, détenu notamment par Pierre-Edouard Stérin, ou du Journal du Dimanche, média du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. 

Il diffuse une rhétorique anti-immigration via ses comptes sur les réseaux sociaux, promus par le collectif Enosis, qui vise à "réunir tous les patriotes de droite, quel que soit leur parti (R!, RN, IDL, UDR, DLF)". Il se sert pour cela d'adjectifs inquiétants ("afflux massif"), de threads aux visuels léchés, de chiffres bruts ("120.000", "320.000") non contextualisés ni rapportés en part de la population, et de graphiques pas toujours rigoureux malgré les apparences.

Dans celui ci-dessous, l'axe des ordonnées est irrégulier : le premier intervalle représente 150.000 personnes, les suivants 50.000, conduisant à accentuer le redressement de la courbe :

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Capture d'écran du site Marc Vanguard réalisée le 2 juin 2026. Cadre rouge ajouté par l'AFP

On peut le comparer avec un graphique de l'Insee retraçant les flux migratoires des immigrés ces 20 dernières années, où la courbe du solde migratoire est bien plus aplatie (lien archivé ici) :

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Capture d'écran réalisée le 2 juin 2026 sur le site de l'Insee

Loin de l'impression diffusée par les données en valeur absolue, les données de l'Insee montrent que la part des immigrés en France (étrangers nés hors de France + naturalisés) a augmenté de 4 points en 25 ans, passant de 7,3% de la population totale en 1999 à 11,3% en 2024 :

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Capture d'écran réalisée le 2 juin 2026 sur le site de l'Insee

"La France n'est jamais en tête du tableau européen, quel que soit l'indicateur retenu ou la période considérée"a par ailleurs récemment souligné François Héran, professeur honoraire au Collège de France et spécialiste de l'immigration, qui publie "Face à l'immigration, le savant et le politique" (Editions du Collège de France) : "La thèse de l''appel d'air' créé par la France est sans fondement" (lien archivé ici). 

Selon ce graphique issu du dernier rapport "Perspectives des migrations internationales" de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en termes de nombre d'immigrés permanents accueillis pour 1.000 habitants, la France se classait en 2024 au 17e rang des pays de l'Union européenne, et au 25 rang des pays de l'OCDE (lien archivé ici) :

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Capture d'écran du site de l'OCDE réalisée le 5 juin 2026

Autre méthode, comparer les effectifs des populations immigrées avec des villes françaises : les demandes d'asile en 2023, c'est "plus que la population de Limoges", "Imaginez les villes de Metz, Nancy et Poitiers entièrement peuplées d'immigrés clandestins", lance le compte Marc Vanguard. "500.000" immigrés légaux chaque année, "à la fin d'un quinquennat, c'est l'équivalent de la ville de Paris qui est entrée en France", arguait en octobre 2025 Sarah Knafo (Reconquête!), s'apprêtant alors à entrer en campagne pour la Mairie de Paris.

Une "manipulation" qui consiste à "remplacer le poids objectif de la migration par un poids subjectif" en ramenant à "une réalité familière : la ville qui vous environne", expliquait François Héran dans sa leçon du 15 mai 2025 clôturant près de huit ans (2017-2025) à la tête de la chaire "Migrations et société" du Collège de France (lien archivé ici). "Jamais un démographe ne dira 'Il meurt en France chaque année l'équivalent de l'agglomération nantaise' !", faisait-il alors remarquer.

"Scénarios catastrophe"

L'OID, abondamment cité par les pourfendeurs de l'immigration, use régulièrement de certaines de ces techniques.

Créé en 2020, il est financé par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, qui entend promouvoir l'union des candidats d'extrême droite et de la droite libérale conservatrice en vue de la présidentielle, dans le cadre de son projet Périclès (acronyme de "Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes" - lien archivé ici).

Les publications de ce "laboratoire d'idées", comme il se décrit, sont elles aussi régulièrement reprises par les médias de Vincent Bolloré (Le Journal du Dimanche, la chaîne CNews ou la radio Europe 1), Le Figaro ou encore le site Atlantico. Et également, ponctuellement, par d'autres médias.

Signe de sa visibilité grandissante malgré sa courte existence, l'OID a par ailleurs été invité à des conférences au Sénat et à l'Assemblée nationale en 2024 (lien archivé ici).

Fin mars 2026, son directeur, Nicolas Pouvreau-Monti, organisait à Paris une conférence, à laquelle l'AFP a assisté, intitulée "Immigration, Démographie et Défense : sécuriser l'avenir de l'Europe", à l'occasion de la sortie d'un livre, "Immigration, mythes et réalités" (éditions Fayard).

Dans les salons d'un hôtel, en présence d'une petite centaine de personnes, on y a disserté des "scénarios catastrophe en train de se réaliser" avec "l'accélération de la dénatalité en Europe" et "la poussée démographique en Afrique subsaharienne".

Parmi la dizaine d'intervenants : l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, le vice-président de LR François-Xavier Bellamy, l'ex-vice-président de la Commission européenne chargé des Migrations et de la Promotion du mode de vie européen Margarítis Schinas, ou encore l'ancien directeur central de la police aux frontières Fernand Gontier.

La conclusion précède l'analyse

Pour François Héran, au Collège de France, l'OID est très clairement un "think tank d'extrême droite", car sur la base de ses publications, il "ne cesse de recommander des mesures extrêmes", comme le retrait de la France des Conventions de Genève - textes fondamentaux du droit international humanitaire - ou la suppression de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

Malgré ses liens affichés avec le Center for Immigration Studies, lié à l'extrême droite américaine, l'OID assure sur son site internet apporter "une vision rationnelle et dépassionnée au débat public" sur les questions de migrations, fondée sur "la rigueur scientifique et l'indépendance politique".

Cet argument de l'objectivité fait bondir le monde de la recherche. Plusieurs centaines de chercheurs ont signé en mai 2026 dans Le Monde une tribune alertant sur les pratiques de l'OID : "une sélection biaisée des données - privilégiant les chiffres absolus aux proportions, isolant des tendances sans contexte historique ou comparatif -, une interprétation orientée des statistiques - omettant les nuances, exagérant les ordres de grandeur - et une généralisation abusive de cas particuliers pour nourrir un récit alarmiste" (lien archivé ici).

Ces derniers mois, les auteurs de deux études officielles ont dénoncé auprès de l'AFP l'"interprétation fallacieuse" de leurs travaux par l'OID dans une publication sur le "coût" de l'immigration.

La députée européenne ID Libertés Marion Maréchal a, elle, assumé avoir utilisé des éléments produits par l'OID à propos des étudiants étrangers - éléments qui, là encore, se sont avérés trompeurs ou faux. Sans renvoyer à l'OID, Jordan Bardella avait lui aussi à cette occasion relayé ces arguments insistant sur leur "taux d'échec" à l'université supposément élevé ou une soi-disant "filière" d'immigration étudiante.

Hélène Thiollet, chercheuse en science politique au CNRS, ne remet pas en cause l'existence de l'OID, "mais là où c’est dangereux, c'est qu'il y a une imposture de se présenter comme un organe scientifique", en "utilis[a]nt certains codes de la recherche, jusque dans leur nom - 'Observatoire' -, ou en se dotant d'un 'Conseil scientifique'", alors qu'"aucune des productions de l'OID ne répond aux critères" en vigueur, dit-elle. 

Un seul des membres de ce conseil, Gérard-François Dumont, est démographe et professeur émérite à La Sorbonne. Les autres titulaires sont un ancien directeur général de la Direction générale de la sécurité extérieure, un ex-ambassadeur de France en Algérie, un ex-préfet, un avocat et l'ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes Noëlle Lenoir.

En outre, les travaux de l'OID ne font pas l'objet de relectures par les pairs scientifiques avant publication sur son site internet, et ne sont d'ailleurs pas publiés dans des revues scientifiques reconnues, soulignent les chercheurs interrogés par l'AFP.

En matière de méthodologie, "la démarche de problématisation n'est pas du tout transparente et elle est décidée à l'avance par la visée politique", relève Tristan Boursier, à l'Université de Montréal : la conclusion - à savoir les problèmes supposément systématiques liés à l'immigration - précède l'analyse.

"Un chercheur part certes d'une intuition, mais il applique une technique qui la conforte ou non. On ne peut pas utiliser n'importe quelle méthodologie empirique ou statistique juste pour satisfaire un résultat que l'on aimerait obtenir", critique Anthony Edo, chercheur au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII).

Jean-Christophe Dumont, responsable de la division des migrations internationales à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), déplore aussi un "manque de rigueur scientifique" et un déficit de neutralité. "Ils ouvrent des angles peut-être insuffisamment explorés, comme sur le coût de l'immigration, et utilisent des statistiques publiques, mais avec un objectif précis connu à l’avance [...] L'OID dit que les immigrés coûtent, plus qu'ils ne rapportent, mais ils ne disent pas que pour le reste de la population, c'est aussi le cas..."

Anthony Edo, au CEPII, pointe une absence d'explications détaillées sur les méthodes de calcul de l'OID et constate plusieurs erreurs, comme lorsque l'une de ses publications prétend calculer le coût de l'immigration sur le PIB en partant du taux d'emploi des immigrés : "Ce n'est pas de cette façon qu'on le mesure, on prend l’ensemble des dépenses et des recettes", pointe Anthony Edo.

En mai 2026 encore, l'OID mettait en avant sur les réseaux sociaux le fait que "plus d'un élève de CM1 sur cinq parle une autre langue que le français à la maison", une statistique issue d'une étude internationale reconnue comme rigoureuse (lien archivé ici).

Il utilise ce chiffre dans une publication se présentant comme une évaluation de "l'impact de l'immigration sur le système éducatif", où le ratio est considéré comme "un indicateur éloquent de la transformation silencieuse en cours au cœur de l'école de la République" - comprendre : son délitement. Une conclusion à rebours de celles de la recherche académique : l'étude originelle elle-même notait bien que parler exclusivement français "ne semble pas donner aux élèves un avantage en matière de réussite scolaire" (lien archivé ici).

Cette "appropriation" de la science, "contrairement à ce que beaucoup essaient de faire croire, a énormément de crédit auprès du grand public", s'inquiète Hélène Thiollet, au CNRS.

Contactés par l'AFP, ni le directeur général de l'OID Nicolas Pouvreau-Monti, ni le compte Marc Vanguard n'ont répondu.

"Jeunes de banlieue", "coût" de l'immigration, fécondité des femmes d'origine extra-européenne, étudiants étrangers : l'AFP Factuel s'est penchée ces dernières années sur plusieurs données chiffrées sur l'immigration exagérées ou interprétées de manière biaisée par des responsables politiques.

Le chiffre de "500.000" immigrés qui entreraient légalement chaque année en France est souvent cité par le président du Rassemblement national Jordan Bardella, la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen, le président de Reconquête! Eric Zemmour, ou bien encore l'ex-ministre (LR) de l'Intérieur et candidat à la présidentielle 2027 Bruno Retailleau

Il est pourtant exagéré, comme l'AFP Factuel l'a déjà relevé : en 2025, quelque 384.200 premiers titres de séjour ont été délivrés selon les premières estimations du ministère de l'Intérieur - après environ 345.600 en 2024, et 382.700 en 2021 (chiffres définitifs, lien archivé ici).

Les responsables politiques y ajoutent plus de 110.000 demandes d'asile (environ 116.500 formulées en 2025 auprès des "guichets uniques" des préfectures et de l'Office français de l'immigration et de l'intégration - Ofii). Mais ce chiffre ne peut pas être additionné à celui des titres de séjours délivrés, car cela revient à compter deux fois certains demandeurs d'asile qui obtiennent leur titre de séjour dans l'année de leur demande, expliquent les chercheurs spécialistes de l'immigration.

Pour rendre compte de la réalité de l'immigration en France, ils soulignent que le seul indicateur qui prenne aussi en compte les départs d'immigrés du territoire est le solde migratoire (différence entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et de personnes sorties dans l'année). Or, il est près de trois fois inférieur au demi-million fréquemment cité : 176.000 personnes en 2025 selon l'Insee (lien archivé ici).

Les chercheurs soulignent que 384.000 premiers titres de séjour, c'est l'équivalent de 0,5% de la population totale vivant sur le territoire, et un solde migratoire de 176.000, l'équivalent de 0,25%.

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