David Breidenstein, le 20 mars 2019 à Paris (AFP / Stéphane de Sakutin)

David Breidenstein

Âge 40
Blessé le 16 mars
Lieu de la blessure Paris
Oeil Gauche
Certificat médical consulté Oui
Arme mise en cause LBD
Plainte Oui
Enquête administrative ?

David Breidenstein a été blessé le 16 mars à Paris. L'AFP l'a rencontré à l'hôpital Cochin à Paris, le mercredi 20 mars.

Pourquoi étiez-vous là ?

"Je suis parti de Troyes en train, avec une quarantaine de Troyens. On est descendu à la gare de l'Est, on est monté jusqu'à place de l'Etoile. C'était au moins la septième fois que je venais à Paris [depuis le début du mouvement, ndlr]. Je suis gilet jaune depuis le début".
 

Que s'est-il passé ?

"On est remonté vers l'Etoile, ça a commencé à charger, du coup on est redescendu avec une paire de gilets jaunes. Là ça commençait à gazer un peu, ils ont tiré des grenades pour disperser un peu tout le monde, du coup on s'est écarté. J'étais en train de marcher, j'ai tourné la tête et j'ai pris le tir. On a l’impression de recevoir un gros parpaing dans la tête, tellement la force est monumentale. C’est énorme, ça m’a couché, ça m’a foutu par terre. J’avais juste mon gilet jaune, mon sac à dos, ma clope et c’est tout. J’étais une cible, je marchais tranquillement, je courais pas, j’étais fatigué".

Comment envisagez-vous la suite ?

"Je bosse dans une usine de forge, je fais tout ce qui est pièces d’Airbus. Je suis scieur, au débitage acier. On fait des pièces, il y a des réglages à faire sur les machines, il y a plein de contrôles à faire. Donc sans mon œil je ne sais pas comment ça va se passer".

"Là je suis chez moi, je suis enfermé avec les volets fermés tellement ça fatigue l’autre œil. Dès qu’il y a un peu de soleil, ou le reflet de la télé, ça me fait mal aux yeux, ça me fatigue. Du coup je redors parfois une petite heure pour reposer un peu les yeux mais c’est très très fatigant".
[Ces derniers propos ont été recueillis par téléphone, cinq jours après la sortie d'hôpital de David Breidenstein, ndlr].

 

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Rémi Banet