Olivier Fostier

Âge 49
Blessé le 23 mars
Lieu de la blessure Charleville-Mézières
Oeil Droit
Certificat médical consulté Oui
Arme mise en cause Inconnue
Plainte Oui
Enquête administrative ?

L'AFP a contacté Olivier Fostier par téléphone lundi 1er avril après avoir pris connaissance de sa blessure via des témoignages sur les réseaux sociaux. En plus de son travail, Olivier Fostier est également référent pour "Les Patriotes" dans les Ardennes. L'AFP l'a recontacté à l'occasion des un an du mouvement des "gilets jaunes" pour faire le point sur sa situation. 

Pourquoi étiez-vous là ?

"Je vais régulièrement dans les manifestations des gilets jaunes, surtout par refus de la politique actuelle. On est régulièrement en fin de cortège. C'est même la première fois de ma vie que je vais manifester. Macron n'est peut-être pas responsable de tout, on ne lui demande même pas de donner tout, mais les gens veulent du travail et vivre dignement de ce travail".

Que s'est-il passé ?

"Je marchais tranquillement, sans gilet jaune en plus. Une grenade arrive devant moi. Je me retourne pour me protéger des gaz, et là je reçois quelque chose. Une grenade ou un tir de LBD. C'est comme si on enfonçait un burin dans l'oeil. Je me suis mis à genoux, je ne tenais plus debout. Les pompiers sont arrivés immédiatement d'autant qu'il y avait eu un accident de voiture tout près".

Quelle est votre vie maintenant ?

"L'oeil est perdu. L'os en-dessous est fracturé. A terme, il y aura sans doute la pose d'une prothèse. Le moral ça va mais je commence à m'inquiéter parce que je me réveille plusieurs fois dans la nuit. J'ai vu un psychologue qui m'a dit que le contrecoup allait arriver plus tard. Pour le travail je ne sais pas, je suis attaché d'exploitation dans le milieu de la propreté (dans 4 départements du Grand-Est, ndlr). Je me déplace énormément, est-ce que cela va aller avec la conduite d'un véhicule ? Je suis aussi très souvent devant un ordinateur, je ne pense pas que cela soit sans conséquence".

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À l'occasion du premier anniversaire de lancement du mouvement, l'AFP a réinterrogé mi-octobre les manifestants éborgnés.

Voilà ce qu'a dit Olivier Fostier à l'AFP :

Blessé le 23 mars dernier, Olivier Fostier ne dort plus, la douleur toujours vive: "Souvent je vais au lit vers 22h30 et à 1 heure du matin je ne dors toujours pas. J’ai toujours un nerf qui est coincé entre la lèvre supérieure et l’oreille droite, ce qui fait que j’ai des douleurs constantes sur cet axe-là".

Olivier Fostier devrait recevoir une "prothèse de tolérance" avant d’avoir une prothèse définitive.

L'homme de 49 ans n'a toujours pas pu reprendre son activité professionelle: "Je suis toujours en arrêt de travail. Je me déplaçais beaucoup pour le travail, mais je n’arrive plus à faire de longs trajets. S’il y a trop de lumière ou qu’il fait nuit ou qu’il pleut, je ne peux pas conduire"a-t-il confié à l'AFP. 

Depuis, Olivier Fostier n'est pas retourné manifester dans la rue. Il pensait néanmoins que le mouvement "aurait repris avec plus d'intensité en septembre". 

Situation judiciaire : M. Fostier a déposé plainte dans les Ardennes, mais "aucun témoin n'a été convoqué à ce jour" a-t-il déclaré à l'AFP. 

Retrouvez notre dossier sur les manifestants, passants, lycéens grièvement blessés à l'oeil durant l'hiver 2018-2019. 

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Edit : ajout dépôt d'une plainte
Edit 13/11 : article mis à jour avec nouveau témoignage + situation judiciaire
Sami Acef
Rémi Banet