Covid-19 : Oui, ce mail alertant sur les risques d'escroqueries a bien été envoyé depuis un commissariat parisien

Des internautes doutent de l'authenticité d'un mail, appelant à la vigilance contre les escroqueries profitant de l'épidémie de Covid-19, et émanant de la "cellule d'écoute et de traitement des doléances" du commissariat du XXe arrondissement de Paris. Mais cette cellule existe bel et bien, et confirme à l'AFP être à l'origine du message. De plus, des arnaques tentant de profiter de l'épidémie ont été signalées à plusieurs endroits de l'Hexagone. 

Capture d'écran de la publication Facebook, prise le 19/03/2020

"Faites tourner", demande sobrement l'auteur de la publication. Et les internautes de s'exécuter : la publication virale a cumulé près de 43.000 partages en 48h. Parmi eux cependant, certains s'interrogent ou affirment haut et fort que ce mail est un faux. 

Un internaute ironise notamment sur le nom de la cellule à l'origine du mail : la "Cellule d'Écoute et de Traitement des Doléances".  

Capture d'écran d'un commentaire Facebook, prise le 19/03/2020

Si nous vous encourageons toujours à douter de ce que vous voyez circuler sur les réseaux sociaux, cette cellule existe bel et bien

Contactée par l'AFP le 19 mars, elle confirme être à l'origine de ce mail : "Nous vous confirmons que ce message de sensibilisation a bien été envoyé par notre service suite à des faits recensés sur Paris".

"A ce jour, aucun cas n'a été constaté sur le 20ème arrondissement", précise toutefois la cellule.

Attestations de déplacement à 5 euros, faux agents hospitaliers

Toujours est-il que les fraudes et arnaques commencent à fleurir en profitant du confinement des personnes les plus fragiles, notamment les seniors, et de la peur de la contagion 

Mercredi, sur sa page Facebook, le centre hospitalier Samuel Pozzi Bergerac (Dordogne) a mis en garde contre "des appels malveillants" récemment passés auprès de personnes âgées, au nom de l'hôpital.

Au bout du fil, de mystérieux interlocuteurs indiquent qu'ils "vont passer à leur domicile pour vérifier qu'elles disposent bien du matériel médical nécessaire à leur maintien à domicile" à l'heure du confinement, relate l'hôpital qui explique ne pas être l'auteur de ces appels.

En Auvergne-Rhône-Alpes, Sébastien Pommereul de la société "Stop nuisibles" a indiqué mercredi avoir reçu des appels de clients de Montluçon et Meaulne (Allier), qui lui demandaient conseil après avoir été démarchés au téléphone: "une personne leur proposait de venir désinfecter leur habitation par rapport au coronavirus", raconte-t-il à l'AFP. Des signalements ont été transmis à la police et à la gendarmerie. 

A Béziers, c'est une autre arnaque qui a fait son apparition le jour-même de l'instauration du confinement: des personnes se présentant comme des policiers proposaient des attestations de déplacement moyennant 5 euros, alors que le document téléchargeable en ligne est gratuit, selon un tweet de la police nationale de l'Hérault.

Sur internet aussi, les tentatives d'arnaque surfent sur la propagation du coronavirus. "Des sites non officiels proposent des #attestations de déplacementpayantes ou de les remplir en ligne. Attention Risques de vol de données perso et d'#escroquerie", confirme sur Twitter la plateforme nationale d'information sur le risque numérique cybermalveillance.gouv.fr.

La gendarmerie nationale a lancé jeudi un appel à la vigilance face aux "sites/applications malveillantes", tels que le site "coronavirusapp.site" qui installe un "maliciel" et l'application mobile Malicious COVID Track App "qui bloque votre téléphone et demande une rançon".

Enjeux majeurs de la bataille contre le Covid-19 et donc objets de toutes les convoitises, les masques et les gels hydroalcooliques sont également dans le coeur de cible des fraudeurs et vendeurs au noir. 

Le parquet de Paris a ainsi ouvert récemment quatre enquêtes pour de possibles "pratiques commerciales trompeuses" en lien avec la crise sanitaire. L'une vise notamment un individu soupçonné d'avoir vendu illégalement des masques et du gel dans une épicerie "bio" du quartier de Belleville, à Paris. Les stocks dans cette épicerie contenaient, selon un premier décompte, 15.349 masques et 267 flacons de gel.

La police a par ailleurs saisi mercredi 15.490 masques destinés au marché noir et 240 bouteilles de faux gel hydroalcoolique dans un commerce du XIXe arrondissement de Paris, selon la préfecture de police.