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Attention, les visières ne remplacent pas les masques

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Des publicités sur internet vantent les mérites des visières transparentes, qui s'attachent sur le front ou sur le menton. Attention : elles ne remplacent pas le masque et leurs porteurs s'exposent à des amendes dans les lieux où le port du masque est obligatoire, a expliqué le ministère de la Santé.

Si certaines pages commerciales, comme celle-ci, évoquent juste une "visière de protection réutilisable" sans mention du Covid-19, d'autres comme celle-là, affirment, que les petites visières inversées qui s'attachent au menton "protègent de la Covid-19".

C'est pourtant faux.

"Ces objets ne peuvent en aucun cas être considéré comme un équipement de protection, ni pour la personne porteuse, ni pour les personnes qu’elle rencontre", a expliqué la Direction générale de la Santé dans un mail à l'AFP le 1er octobre 2020.

Captures d'écran d'une publicité diffusée sur Facebook faites le 7 octobre 2020

"Le porteur de ces objets contrevient donc au port du masque dans les lieux où il est légalement obligatoire. Il s’expose donc à une amende", a ajouté la DGS.

Le ministère de la Santé a enfoncé le clou lundi 5 octobre dans ce communiqué consacré aux mesures sanitaires dans les restaurants en zones d'alerte maximale :

"Port de masque pour le personnel en salle, à la réception et en cuisine : il est interdit de porter toute protection faciale (ex. demi-visière, etc.) autre que le masque grand public en tissu réutilisable répondant aux spécifications de l’Afnor (de catégorie 1). Le port d’un masque à usage médical normé est possible", est-il écrit.

Quant aux grandes visières ou "écrans faciaux", celles qui s'attachent sur le front, elles ne dispensent pas non plus du port du masque.

"Une visière n'est pas un masque de protection, elle ne correspond donc pas à l'obligation du port du masque", a indiqué la DGS dans un mail à l'AFP le 7 octobre. 

Cette entreprise de matériel médical en commercialise sous l'intitulé "visière de protection Covid-19", sans préciser explicitement qu'il faut aussi porter un masque ; et l'homme en photo portant la visière n'a pas de masque. La page suggère plus bas en revanche l'achat de masques chirurgicaux comme "produits associés".

Le Haut Conseil de la santé publique avait d'ailleurs rendu un avis sur ce sujet dès le mois de mai : "le HCSP recommande de ne pas utiliser les visières en remplacement du port d’un masque, quel que soit le public concerné. En population générale, leur emploi peut être envisagé en complément du port d’un masque".

Son port n'est indiqué que "dans certaines situations professionnelles nécessitant une protection du visage et des yeux" et là encore, "en complément du port d’un masque".

Comme rappelé notamment dans cet article de l'AFP, le Covid se transmet via des gouttelettes contaminées expulsées par un malade, qui retombent ou dans certains cas, peuvent rester en suspension dans l'air. 

Une étude publiée début septembre dans une revue scientifique américaine avait montré que les porteurs de visières en plastique arrosaient un vaste périmètre avec des gouttelettes après un éternuement ou une toux.

Dans un premier temps, la visière bloque la projection vers l'avant des gouttelettes, mais une quantité notable parvient à s'échapper par dessous la visière et "dans une grande zone" devant et sur les côtés de la personne, écrivaient les chercheurs.

Edit 07/10/20 : ajout des mots-clés dans les métadonnées
Julie Charpentrat
CORONAVIRUS