
Attention, en cas de symptômes du Covid-19, les autorités sanitaires ne conseillent pas l'automédication mais de contacter un médecin
- Cet article date de plus d'un an
- Publié le 20 août 2020 à 12:55
- Mis à jour le 02 septembre 2020 à 19:21
- Lecture : 3 min
- Par : Salsabil CHELLALI
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"Toute personne ressentant les symptômes du coronavirus doit se confiner à la maison, ne pas se rendre à l'hôpital public ou privé et prendre cette médication", indique le visuel partagé sur les réseaux sociaux depuis début août au moins.

"Panadol, Azithromycin, Vitamin C, Zinc, Vitamin D et Strepsils" sont recommandés en plus de gargarismes à l'eau salé pendant cinq minutes chaque jour, selon cette publication relayée plus de 3.000 fois depuis le 2 août. Aucune source médicale ou autorité sanitaire n'est citée.
Le "Panadol" est un comprimé de paracétamol et le "Strepsils" une pastille pour la gorge, tandis que "l'Azithromycin" est un antibiotique utilisé notamment dans le traitement des infections de la gorge, des bronches et des gencives.
Appeler un médecin ou le Samu
Nous avons consulté les consignes sanitaires officielles en Tunisie. Le ministère tunisien de la Santé ne fournit aucune liste de la sorte pour les personnes présentant des symptômes de Covid-19.
S'il est effectivement demandé de ne pas se rendre aux urgences, il est surtout conseillé de prendre contact avec un médecin ou d'appeler le Samu au 190.
En cas d'apparition des symptômes : "prendre des précautions de prévention et rester à domicile, éviter d'aller aux urgences, contacter un médecin ou le 190", peut-on lire sur cette affiche du ministère de la Santé.

Sur le site de l'Institut pasteur Tunisie, il est précisé que les "personnes présentant des symptômes relatifs à la Covid-19 ne peuvent pas se faire tester (ndlr : sur place en se déplaçant à l'Institut) et sont invitées à appeler le SAMU (190)".
Des indications "dangereuses"
Contactée par l'AFP, Rim Abdelmalek, professeure en maladies infectieuses à l'hôpital de la Rabta à Tunis et membre du comité national de prise en charge thérapeutique des patients atteints de Covid-19, met en garde contre l'automédication.
"En cas de symptômes, il ne faut pas prendre de médicaments à domicile et contacter le Samu au 190. La Direction régionale de la santé se chargera ensuite du prélèvement", précise-t-elle.
Elle insiste : "toute médication doit se faire sur prescription médicale. Ces publications sur les réseaux sociaux induisent en erreur et sont dangereuses", poursuit-elle.
À ce stade, "aucune étude n’a permis de démontrer l’efficacité d’un médicament actuel pour prévenir ou traiter la maladie", écrit l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur son site.
En conséquence, l'organisme "ne recommande de prendre aucun médicament, y compris les antibiotiques, en automédication pour prévenir ou guérir la COVID-19".
Contexte épidémiologique
Depuis la décision de supprimer la quarantaine obligatoire et d'ouvrir les frontières le 27 juin, la Tunisie, qui avait circonscrit la pandémie, a enregistré une nette hausse des contaminations, dépassant les 100 nouveaux cas identifiés par jour, un record pour ce pays, selon le ministère de la Santé. Le bilan a grimpé à ce jour à 2.427 cas confirmés depuis mars, dont 60 décès.
Pour y faire face, les autorités tunisiennes ont annoncé le 19 août que tous les voyageurs devront désormais présenter un test PCR négatif pour entrer dans le pays, quelque soit leur provenance. De plus, les masques sont de nouveau obligatoires dans tous les lieux publics, en particulier dans les transports en commun et services publics.
Dans le même temps, les autorités sanitaires tunisiennes ont annoncé travailler à un vaccin contre le nouveau coronavirus.