La police à Bordeaux retire son casque en soutien aux gilets jaunes ? Une interprétation douteuse

Une vidéo circule affirmant que des membres des forces de l'ordre ont retiré leur casque à Bordeaux en guise de soutien aux "gilets jaunes". Des informations démenties par les autorités et contestées par un journaliste de l'AFP ayant assisté à la scène.

La scène se déroule à Bordeaux sur le pont d'Aquitaine, date du week-end dernier et du début des manifestations des gilets jaunes. Plus de trois millions de personnes ont vu cette vidéo sur la seule page d'un utilisateur Facebook.

Capture d'écran d'une publication Facebook erronée, le 23 novembre 2018Capture d'écran d'une publication Facebook erronée, le 23 novembre 2018

La direction de la Sécurité publique de Bordeaux, interrogée par le bureau de l'AFP à Bordeaux, a pourtant réfuté cette interprétation : cette "captation d'image est un détournement des choses" car le contexte est "différent" de ce que le narrateur explique.

Selon la DSP en effet, les policiers aperçus sur l'extrait ont reçu un ordre de fin de mission et regagnent leurs camions en enlevant leurs casques (qui pèsent 7 kilos, précise la DSP) quand les gilets jaunes présents sur les lieux s'approchent d'eux. C'est là que la vidéo débute.

Un reporter de l'AFP, présent sur les lieux, confirme que "ce n'était pas une marque de soutien aux gilets jaunes mais plutôt une sorte de geste d'apaisement, à un moment où les forces de l'ordre se retiraient".

Le même reporter a "assisté à une scène absolument similaire dimanche après-midi au péage de Virsac", en Gironde. "Après une heure environ d'échauffourées, il y a eu un retour au calme. Les gendarmes mobiles et les CRS sur place ont alors reçu l'ordre d'enlever leurs casques. Hourras des gilets jaunes qui ont cru à un signe de soutien et chanté +la police avec nous+... Ce n'était clairement pas cela".

Plusieurs autres vidéos ont été partagées ces derniers jours affirmant de la même manière que les forces de l'ordre "retiraient leur casque" afin de manifester leur soutien aux gilets jaunes, à Montpellier", "Saint-Die" ou quelque part dans le Gard.

AFP Bordeaux
Guillaume Daudin