( AFP / JEFF PACHOUD)

Des prévisions européennes de croissance très favorables à la France ? Vrai en 2022, beaucoup moins en 2023

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Sur Twitter, le site de campagne de la majorité présidentielle a diffusé un visuel fondé sur les projections de croissance de la Commission européenne et plaçant la France bien au-dessus de la moyenne de l'UE pour 2022, preuve supposée de "l'efficacité de la politique économique" du gouvernement. Ces chiffres sont exacts mais occultent les prévisions de Bruxelles pour l'année 2023 qui sont bien moins favorables à l'exécutif et placent, au contraire, le pays en retrait par rapport à la moyenne du continent et à son voisin allemand.

Un petit graphique censé démontrer "l'efficacité de la politique économique française" : diffusé par le site de campagne de la majorité présidentielle, il relaie les récentes prévisions de la Commission européenne qui prédisent une croissance économique de 3,1% pour la France en 2022, soit légèrement au-dessus de la moyenne des Vingt-Sept et près du double de l'Allemagne.

Ces chiffres sont exacts mais occultent une partie du tableau : les prévisions de la Commission portent aussi sur 2023 et sont, pour cette année-là, bien moins favorables à la France, dont la croissance ralentirait bien plus que ses principaux partenaires et ferait moins bien que la moyenne des Vingt-Sept.

L'ensemble de ces chiffres proviennent des projections de printemps que la Commission européenne a rendu publiques le 16 mai et qui reflètent l'impact du choc économique de la guerre en Ukraine et des sanctions imposées à la Russie sur les deux prochaines années.

Bruxelles a ainsi abaissé de 1,3 point sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) dans l'Union européenne en 2022, à 2,7%, et de 0,5 point en 2023, à 2,3%, par rapport aux derniers chiffres publiés le 10 février, avant le déclenchement de l'offensive russe.

Selon ces nouvelles prévisions, le PIB de la France progresserait donc de 3,1% cette année, une performance qui la placerait au dessus de la moyenne européenne et loin devant l'Allemagne (1,6%), frappée de plein fouet par sa dépendance aux énergies fossiles russes et le poids de son secteur industriel, très exposé aux ruptures d'approvisionnement.

S'agissant de la France, dont la croissance a bondi de 7% en 2021 après un plongeon de 8% pendant la pandémie de Covid, les projections de Bruxelles sont en ligne avec celles de la Banque de France. Selon ses deux grands scénarios présentés en mars, le PIB français progressera de 3,4% en 2022 si le prix du pétrole s'établit en moyenne sur l'année à 93 dollars, mais de seulement 2,8% si ce prix atteint 119 dollars.

Infographie datant de décembre 2021.

Le visuel diffusé par Avec vous! est donc conforme aux chiffres mais il ne dit qu'une partie de la réalité décrite par la Commission.

Bruxelles a ainsi également livré ses prévisions pour 2023, qui sont, celles-ci, bien moins favorables à la France.

D'après ces projections, la croissance économique du pays ralentirait ainsi l'année prochaine pour s'établir à 1,8%, bien en deça de la moyenne des Vingt-Sept (2,3%) et de l'Allemagne (2,4%) et légèrement en dessous de l'Italie (1,9%).

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