Capture d'écran du site La Gauche m'a tuer (DR)

Non, la ministre de la Santé n'a pas placé son mari à la tête de l’Inserm

La ministre de la Santé "a placé son mari" à la tête de l’Inserm, affirme le site La Gauche m’a tuer. C’est faux : le mari d’Agnès Buzyn, Yves Lévy, est président de l’établissement public depuis 2014, soit trois ans avant la nomination de son épouse au gouvernement.

"Le ministre de la Santé a placé son mari à la tête l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (IRSEM)"[sic], titre le site La Gauche m’a tuer en tête d’un article partagé plus de 5.000 fois en une semaine.

L’affirmation du site d’extrême droite est fausse : le médecin et scientifique Yves Lévy a été nommé président de l’Inserm par ce décret du 12 juin 2014, soit près de trois ans avant qu’Agnès Buzyn ne devienne ministre de la Santé. Mme Buzyn était alors présidente de l'Institut national du cancer (INCa).

Capture d'écran du site Legifrance (DR)

Le maintien d’Yves Lévy à ce poste prestigieux a toutefois valu des critiques à Mme Buzyn et au gouvernement, en raison de potentiels conflits d'intérêts ; un débat ravivé ces dernières semaines par l’hypothèse de sa reconduction à la tête de l’organisme public.

Alors que le mandat de M. Lévy est arrivé à échéance en juin, le scientifique n’a pas annoncé officiellement s’il était candidat à sa succession, les noms des candidats pour diriger cet organisme étant gardés secrets, conformément à la réglementation.

La ministre s'est constamment défendue de potentiels conflits d'intérêts, en arguant que la tutelle de l'Inserm lui avait été retirée par décret, au profit du Premier ministre, le 29 mai 2017, soit douze jours après sa nomination.

L'Inserm est traditionnellement placé sous double tutelle des ministères de la Recherche et de la Santé.

Capture d'écran du site Legifrance (DR)

"Le conflit (d'intérêt) est évité puisqu'un décret fait que je suis en déport de ce qui touche à l'Inserm, c'est géré par Matignon et le ministère de la Recherche, je ne m'en mêle pas", s’est encore défendue Mme Buzyn le 21 juin sur la chaîne CNews.

"Défini par le décret du 29 mai 2017, le déport concerne la ministre et son cabinet mais pas les administrations centrales du ministère de la santé. Par exemple, la direction générale de la santé poursuit ses fréquents et indispensables échanges avec l’Inserm mais ne fait plus de note pour la ministre sur le sujet. Les décisions sont prises par Matignon et le ministère de la recherche", précisait Le Monde en juin.

Interrogée à plusieurs reprises sur les intentions de son mari, Mme Buzyn a à chaque fois répondu qu'elle ne se mêlait pas de la carrière de celui-ci.

Scientifique reconnu mondialement dans le domaine du VIH, Yves Lévy n’avait été que peu contesté à la tête de l'Inserm jusqu'à la nomination de son épouse Agnès Buzyn comme ministre de la Santé.