Non, il n’y a pas eu de mort lors d’une bagarre entre élèves dans un lycée de Douala, au Cameroun

Des publications largement partagées au Cameroun prétendent qu’une bagarre entre deux élèves d’un lycée de Douala a entraîné la mort d’un lycéen. C’est faux :  une violente altercation a certes éclaté entre deux pensionnaires d'un lycée de la ville, mais aucun des deux élèves n’est décédé. Les deux protagonistes ont écopé de sanctions disciplinaires.

Sur la photo, un jeune homme se tient tête renversée sur une chaise, le visage entouré d’un épais bandage, la chemise et le pantalon ensanglantés. "BAGARRE MORTELLE AU LYCÉE DE NDOHEM", titre l’auteur de cette publication partagée plusieurs centaines de fois sur Facebook depuis le 14 janvier.

Selon l’auteur de ce post, relayé par plusieurs pages Facebook (1, 2, 3...), cette rixe entre deux lycéens a éclaté "à cause de 50 FCFA". "L’un des deux bagarreurs (sic) est mort quelques minutes plus tard", précise le message, qui mélange le français et le pidgin (un dérivé local de l’anglais).

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Capture d’écran d’une page Facebook, réalisée le 21 janvier 2021

Cette publication, qui fait écho à plusieurs affaires graves de violences scolaires au Cameroun ces dernières années -- notamment à Yaoundé, où un enseignant a été poignardé à mort par un élève de 4ème en janvier 2020 -- a suscité de nombreuses réactions sur internet.

"Cette jeunesse est le reflet de notre société", s’est agacé un lecteur. "Nous devenons de plus en plus violents au Cameroun", a ajouté un autre, tandis que plusieurs internautes ont mis en cause un problème d'"éducation" chez les jeunes Camerounais ou bien la consommation de drogue.

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Capture des commentaires d’une page Facebook, réalisée le 21 janvier 2021

Pas de mort

Pourtant, les publications relayées sur internet sont en partie mensongères.

Selon plusieurs responsables scolaires interrogés par l’AFP, une altercation a bel et bien éclaté le 14 janvier au lycée de Ndoghem, à Douala, capitale économique du Cameroun. Et les images qui ont circulé sur Facebook sont bien réelles.

Mais "il n’y a eu aucun mort", assure Marie Hortense Ngono, une surveillante de cet établissement public, qui évoque un blessé grave. 

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Une vue du lycée de Ndoghem (Jean Baptiste Ketchateng, AFP)

Un démenti confirmé par Sylvestre Moukalla, délégué départemental des enseignements secondaires, qui évoque une altercation sur fond de différend financier entre les deux lycéens.

D'après son récit, la victime aurait sollicité un prêt de 100 francs CFA auprès d’un camarade de classe. Mais il ne l’aurait ensuite pas remboursé, ce qui aurait suscité la colère de son créancier. Ce dernier lui aurait alors entaillé la joue avec une lame de rasoir.

"Après des soins à l’infirmerie du lycée, puis dans un centre de santé, l’infortuné est rentré chez lui et est actuellement convalescent", a raconté à l’AFP un autre surveillant de l’établissement. 

Sanctions

Suite à cette rixe, l’administration de l’établissement a pris des sanctions envers les deux élèves, et notamment envers l’auteur de l’agression, âgé de 15 ans, selon Marie Hortense Ngono.

"Le conseil de discipline", qui s'est tenu le 18 janvier, "a infligé une sanction d'exclusion définitive à l'agresseur et huit jours à la victime", précise Sylvestre Moukalla.

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