
Non, Aurore Bergé n'a appelé les opposants au 49-3 à ne pas manifester "sous peine de contracter le coronavirus"
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- Publié le 10 mars 2020 à 15:00
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"Après les sorties de route régulières de Marlène Schiappa, voici sa crétine et acolyte Aurore Bergé qui en fait de même", écrit l'auteur de la publication. "Gourde ou cruche tu choisie (sic) mais à mon avis elles ont le même père", réagit un internaute.

Pour autant, Aurore Bergé n'a jamais tenu ces propos, qui proviennent d'un compte Twitter parodique.

Ce n'est pas la première fois que des tweets parodiques du compte Twitter @JournalElysée sont détournés et pris au premier degré sur Facebook (voir notamment ici, ici ou encore ici).
Dans la grande majorité des cas, la mention parodie (qui figure dans le nom du compte @JournalElysée sur Twitter) ou le nom entier du compte sont absents des captures d'écran diffusées sur Facebook.
"Evènements utiles à la vie de la nation"
Le gouvernement a annoncé dimanche que tous les rassemblements de plus de 1.000 personnes sont interdits en France, en plein air comme en milieu clos, afin de freiner au maximum la propagation du coronavirus.
Des exceptions sont toutefois prévues : les manifestations de rue, les concours et le recours aux transports en commun. A charge pour les préfets et ministères d'identifier les "événements considérés comme utiles à la vie de la nation".
49-3
Cette parodie intervient après l'utilisation du 49-3 par le gouvernement pour faire adopter le projet de réforme des retraites à l'Assemblée nationale. Cet outil constitutionnel permet de faire adopter un texte sans vote, en engageant la responsabilité du gouvernement.
La réforme des retraites a ainsi été adoptée de facto en première lecture mardi 3 mars par l'Assemblée, après le rejet des motions de censure de droite comme de gauche opposées à l'exécutif et son recours au 49-3.
Les sénateurs, qui débattront du projet de loi en séance fin avril, pourront modifier le texte à leur guise. Mais le gouvernement ne peut utiliser le 49-3 à la chambre haute, puisque celle-ci n'a pas le pouvoir de le renverser, comme nous l'expliquions dans ce fact-check.
Le projet de loi porté par le secrétaire d'Etat aux Retraites Laurent Pietraszewski étant examiné en "procédure accélérée" (une seule lecture par chambre), une commission mixte paritaire (CMP, sept députés-sept sénateurs) tentera ensuite d'arriver à une version commune.
Si elle y arrivait, ce texte de compromis devrait être ensuite ratifié par chacune des deux chambres. Mais, en cas d'échec de la CMP, le projet de loi passera de nouveau devant l'Assemblée, où le gouvernement aura la possibilité, si nécessaire, de faire jouer à nouveau le 49-3.