Etats-Unis: à la convention républicaine, les fausses informations ouvrent le bal

Au premier jour de la convention nationale républicaine aux Etats-Unis au cours de laquelle Donald Trump a été officiellement choisi comme candidat républicain aux élections présidentielles de novembre 2020, plusieurs intervenants dont des proches du président ont tenu des propos trompeurs, voire faux sur des sujets comme l'économie, les réalisations du président Donald Trump ou les risques associés au vote par correspondance.

Les craintes liées à la désinformation sont grandes dans la course à la Maison blanche et elles ont été ravivées lors de la première journée de la conférence républicaine à laquelle ont participé le président américain et plusieurs de ses proches.

Plusieurs intervenants ont ainsi tenu des propos trompeurs, voire faux au sujet de l'économie, des réalisations de Donald Trump comme la gestion de la pandémie de coronavirus par le gouvernement ou du vote par correspondance.

L'AFP a vérifié les affirmations les plus importantes relevées lors de cette première journée.

Gestion de la pandémie de coronavirus

Les opposants du président lui reprochent une réponse trop tardive face au virus en raison de sa volonté de garder l'économie ouverte malgré les risques liés à la santé publique.

Selon eux, le pays compte désormais davantage d'infections qu'il n'y en aurait eu si le président s'était engagé plus tôt à lutter contre le virus.

Pour autant, Natalie Harp, une conseillère de la campagne de Donald Trump, a vanté lundi les vies sauvées par les mesures prises par le président, affirmant que sans "l'interdiction de voyage aux Chinois, des millions [de citoyens américains] seraient morts". 

Donald Trump Jr a quant à lui souligné que son père avait "agi vite et interdit les voyages en Chine" en janvier.

C'est trompeur: Il ne s'agissait en fait pas d'une interdiction totale mais de restrictions mises en place le 2 février avec de nombreuses exceptions. Seuls les étrangers qui étaient allés en Chine au cours des 14 jours précédents, étaient concernés tandis que les citoyens américains pouvaient eux revenir et se soumettre à une quarantaine obligatoire de deux semaines.

L'affirmation selon laquelle des millions de vies auraient été sauvées est quant à elle infondée: aucune étude ne le prouve à ce jour. Pendant plusieurs mois, le président a minimisé les risques liés au virus. 

Par ailleurs, les intervenants de la première journée de la convention républicaine n'ont pas mentionné le nombre de décès liés au Covid-19 aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé au monde avec près de 180.000 morts au 25 août selon l'université John Hopkins.

Le 25 août à 11 heures GMT, les Etats-Unis se trouvaient en tête du classement du nombre de décès par pays : 177.284 sur 813.733 morts à travers le monde, selon les chiffres compilés par l'AFP à partir de sources officielles.

Fraude électorale

Le vote par correspondance, que de nombreux Américains jugent plus sûr en temps de pandémie, facilitera la fraude électorale, martèle depuis des semaines Donald Trump, sans pour autant fournir de preuves.

Il était même allé jusqu'à affirmer que seul un vote "truqué" pourrait lui faire perdre l'élection face à son concurrent démocrate Joe Biden. 

C'est trompeur: Une étude publiée en 2017 par le think-tank Brennan Center montre que les fraudes sont très rares lors des élections américaines et concernent entre 0,0003% et 0,0025% des votes. 

"Il n'y a tout simplement aucune preuve que le vote par correspondance favorise la fraude électorale. Aucune", a expliqué sur Twitter le 27 mai Ellen Weintraub, membre de la commission électorale fédérale.

Traditionnellement, ce sont les militaires et les personnes âgées qui ont recours au vote par correspondance. Mais Donald Trump, qui réside officiellement en Floride, et plusieurs de ses proches utilisent également ce procédé. 

La pandémie de coronavirus pourrait encourager une part plus important de la population américaine à recourir au vote par correspondance pour cette élection.

"Promesses tenues"

Dans une vidéo projetée lors de la soirée d'ouverture de la convention, Donald Trump a affirmé avoir tenu toutes ses promesses de campagne. 

C'est faux: Bien que le président ait accompli certains chantiers promis en 2016, comme baisser les impôts et sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, de nombreux engagements manquent à l'appel.

Le mur anti-immigration à la frontière avec le Mexique n'est pas achevé et n'a pas été financé par le Mexique, par exemple. Et le dispositif d'assurance santé Obamacare mis en place sous son prédécesseur existe toujours après qu'une tentative d'abrogation et de remplacement a échoué au Sénat en 2017.

L'économie

De nombreux intervenants, dont Donald Trump Jr, ont vanté le faible taux de chômage des Etats-Unis. 

C'est trompeur: Le taux de 3,5% cité date de septembre 2019 et il est complètement dépassé à cause des effets destructeurs sur l'économie de la pandémie de Covid-19.

Les derniers chiffres du ministère du Travail indiquent que plus d'1,1 million de nouvelles demandes d'allocations chômage ont été enregistrées pour la semaine du 15 août, soit une augmentation de 135.000 demandes par rapport à la semaine précédente.

La semaine du 8 août, le taux de personnes bénéficiant d'indemnités chômage s'élevait à 10,2%.

La semaine précédente, toutes catégories confondues, plus de 28 millions d'Américains percevaient une allocation chômage, toujours selon le ministère. 

Donald Trump Jr. a ajouté que son père avait "construit la plus grande économie jamais vue" aux Etats-Unis.

C'est faux: La croissance du produit intérieur brut (PIB) n'a pas battu de record.

Il a augmenté de 3% en 2018, la meilleure année du mandat de Donald Trump, contre 3,1% sous Barack Obama en 2015.

En 2004 et 2005, sous le président George W. Bush, le PIB avait respectivement progressé de 3,8 et 3,5%.

Augmentation d'impôts

La présidente du Comité national républicain Ronna McDaniel a également prétendu lors de son intervention que Joe Biden augmenterait les impôts pour 82% de la population du pays.

C'est faux : le candidat démocrate a répété à plusieurs occasions qu'il ne souhaitait pas relever le niveau d'imposition pour les citoyens qui touchent moins de 400.000 dollars par an. 

Les ménages qui gagnent ce montant faisaient partie des 5% les plus fortunés du pays en 2018, selon le Bureau du recensement américain. Impossible donc qu'une hausse d'impôts pour les ménages aux revenus plus élevés affectent 82% des Américains, comme l'affirme Ronna McDaniel. 

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