Des pavés sur les Champs-Elysées à la veille de la manifestation du 5 décembre ? Oui, mais ils ont été retirés

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Des internautes se sont interrogés et inquiétés de photos partagées des milliers de fois sur Facebook montrant des pavés stockés sur un chantier des Champs-Elysées, à la veille de la manifestation contre la réforme des retraites à Paris, du 5 décembre. Ces pavés étaient bien présents sur l'avenue mercredi matin mais ne l'étaient plus le jeudi matin de la manifestation, a constaté l'AFP. 

"Voilà comment le gouvernement veut enrayer le mouvement des grèves et de gilets jaunes... par la violence (...) "voilà ce qui traine sur les Champs-Elysées, des pavés offerts aux provocations", a écrit un internaute dans une publication Facebook datée du 3 décembre (supprimée depuis). Les photos qui l'accompagnaient, mais aussi des vidéos prises au même endroit, continuent d'être relayées (123, 4, 5) sur les réseaux sociaux. 

"Et après ils diront qu'il y a des casseurs mais ils fournissent...", commente une autre internaute sur Facebook. 

Capture d'écran d'une publication Facebook, prise le 4 décembre 2019.

Sur ces images, on peut voir des pavés entassés sur une route en chantier. Le texte accompagnant la publication originelle indique que la photo a été prise le 3 décembre sur les Champs-Elysées. 

Un journaliste de l'AFP a retrouvé l'endroit exact où elles ont été prises, en identifiant les immeubles environnants et un magasin situé en arrière-plan.

Capture d'écran d'une photo prise par un internaute, retouchée sur Paint le 4 décembre 2019.

Sur place le 4 décembre en milieu de matinée, nous avons pu confirmer la présence de pavés sur un chantier en haut de l'avenue, non loin de l'Arc de Triomphe.

Photo d'un chantier sur l'avenue des Champs Elysées, prise le 4 décembre 2019 au matin.

Un ouvrier a indiqué sur place à l'AFP que le chantier "ne serait probablement pas fini" avant le 4 décembre au soir mais qu'il leur était demandé très régulièrement de "déblayer les pavés et objets de chantier avant toute manifestation". 

La société Fayolle et Fils, en charge du chantier, a de son côté assuré, par la voix d'un de ses responsables en charge du secteur de Paris, qu'il "n'y aura plus de pavés" sur le chantier d'ici la manifestation du 5 décembre.

En dehors d'événements exceptionnels, le Réglement de voirie de la Ville de Paris autorise le "le stockage des matériels et matériaux" de chantier isolé "de l’espace public par un barriérage". Les déblais ou remblais, dont le stockage est autorisé sur les chantiers du lundi au vendredi, doivent par ailleurs être évacués avant le week-end. 

Le trajet de la manifestation du 5 décembre ne prévoit pas qu'elle passe par les Champs-Elysées ou ses abords : dans un arrêté du 3 décembre, la préfecture de Police a en effet exclu du parcours de la manifestation plusieurs secteurs de la capitale dont l'"Avenue des Champs-Elysées, dans sa partie comprise entre la place Charles-de-Gaulle incluse et le rond-point des Champs-Elysées-Marcel-Dassault"

Le cortège doit partir de la gare du Nord avant de suivre les grandes artères menant à Magenta, République et Voltaire, pour aboutir sur la place de la Nation.

"Les entreprises de chantier ont enlevé tous les matériaux dangereux sur le parcours de la manifestation", a assuré à l'AFP la mairie de Paris.

Cette dernière affirme également que cette mesure de sécurité a été étendue aux entreprises oeuvrant sur "les Champs-Elysées", comme "dans d'autres secteurs" de Paris, où elle a été jugée nécessaire. 

La préfecture a également décidé mardi la fermeture de tous les commerces présents sur le parcours de la manifestation, arguant d’un contexte social "des plus tendus" qui pourrait générer "violences et dégradations".

Jeudi matin, jour de la grève et de la manifestation, les pavés étaient retirés, et des ouvriers s'affairaient encore pour vider le chantier de ses projectiles, a constaté un journaliste de l'AFP. Il subsistait toutefois encore des barrières de chantier et des plots au même endroit.

L'avenue des Champs-Elysées à Paris, jeudi 5 décembre au matin (Guillaume Daudin / AFP)
L'avenue des Champs-Elysées à Paris, jeudi 5 décembre au matin (Guillaume Daudin / AFP)

Des précédents facteurs de reproches

Lors de la manifestation du 16 novembre à Paris, qui a marqué le premier anniversaire des "gilets jaunes", la place d'Italie avait été le théâtre de flambées de violences au cours desquelles du mobilier urbain et notamment des pavés ont été utilisés comme projectiles. 

Les organisateurs de la manifestation avaient reproché à la préfecture "d'avoir imposé, après un refus d'un premier parcours, le rassemblement sur la place d'Italie, et ce en dépit des réserves du maire du XIIIe arrondissement, compte tenu des importants chantiers en cours et du mobilier urbain entreposé".

EDIT 05/12/19 : ajoute retrait des pavés
 
Aglaé Watrin
Guillaume Daudin