Cette image montre un opposant camerounais déshabillé en cellule?

Une image partagée depuis dimanche prétend montrer Mamadou Mota, le vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, Mrc, l’un des principaux partis d’opposition au Cameroun, « déshabillé comme un vulgaire bandit dans sa cellule ». En réalité, cette photo a été publiée par M. Mota lui-même en 2017, à la naissance de son enfant.

Capture d'écran Facebook prise le 03/06/2019

UNE PHOTO VAUT 1000 MOTS”, écrit l’auteur de cette publication, qui affirme présenter Mamamou Mota, torse-nu en cellule. Cette publication a été faite au lendemain d’une marche des militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Une manifestation au cours de laquelle Mamadou Mota a été interpellé et gardé à la Police judiciaire, à Yaoundé, selon Me Simh, l’avocat du parti contacté par l'AFP.

Dans cette dépêche de l'AFP, l'opposition camerounaise dénonce les conditions d'arrestation "de plus de 350 de leurs sympathisants" pendant des manifestations de samedi dans plusieurs villes du Cameroun.

Pour autant, comme l’ont à juste titre remarqué certains internautes, cette image a été détournée de son contexte et provient en réalité du compte Facebook de Mamadou Mota. Dans une publication datée du 22 juin 2017, il annonçait la naissance de son fils au nom de Babiye Mota Ballack. Dans le fil des commentaires, M. Mota mentionnait alors qu’il s’agissait d’"un combattant de plus".

Capture d'écran Facebook prise le 03/06/2019

Sur cette même page, Mamadou Mota a également l’habitude de publier des communiqués du MRC ou de lancer des séances vidéos.

 Mamamou Mota est le 1er vice-président du MRC. Il en a pris les rênes à la suite de l’incarcération fin janvier de Maurice Kamto, leader de ce parti de l’opposition et principal challenger de Paul Biya durant la présidentielle d’octobre 2018.

Dans ce rapport publié en 2017 sur les conditions de garde à vue et de détention préventive au Cameroun, l'Organisation non gouvernementale Amnesty International évoque des scènes de tortures.

Monique Ngo Mayag