Boris Johnson, le 4 décembre 2019 à Londres (Adrian Dennis / AFP)

Boris Johnson accusé de racisme... pour une phrase jamais prononcée

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Des publications partagées plusieurs milliers de fois vendredi sur les réseaux sociaux au Royaume-Uni accusent le Premier ministre britannique Boris Johnson de "racisme", pour s'être prétendument déclaré favorable à l'accueil de "personnes de couleur" outre-Manche, mais à la condition que ces arrivées fassent l'objet d'un "contrôle démocratique". Il parlait en réalité de "personnes de talent", et non "de couleur".

"Cet homme est un raciste", tacle un internaute, un autre dénonçant un discours "dangereux" de Boris Johnson.

Capture d'écran Twitter prise le 06/12/2019

Dans l'extrait vidéo devenu viral, Boris Johnson semble prononcer la phrase suivante : "Je suis favorable à l'accueil de personnes de couleur dans ce pays, mais je crois que cela doit faire l'objet d'un contrôle démocratique".

C'est ainsi sous-titré que la chaîne britannique Channel 4 l'a diffusé vendredi sur les réseaux sociaux, déclenchant de vives réactions de nombreux internautes, à six jours des élections législatives.

L'expression "People of colour" figurait en troisième position des tendances sur Twitter au Royaume-Uni vendredi midi.

Pour autant, dans un autre extrait vidéo du même discours - signalé par CrossCheckUK, un projet collaboratif entre médias britanniques et internationaux, dont l'AFP, pour lutter contre la désinformation durant la campagne des élections législatives britanniques du 12 décembre -, les mots du Premier ministre conservateur sont davantage audibles.

 

"Je suis favorable à l'accueil de personnes de talent dans ce pays, mais je crois que cela doit faire l'objet d'un contrôle démocratique", dit en réalité M. Johnson, qui s'est engagé à mettre fin à la libre circulation des personnes et à contrôler l'immigration avec un système à points sur le modèle australien.

La chaîne Channel 4 a entre-temps présenté ses excuses sur Twitter, concédant que Boris Johnson avait bien déclaré "personnes de talent", et non "de couleur".

Le parti conservateur de M. Johnson a fait l'objet d'accusations de racisme et d'islamophobie au cours de la campagne. Mi-novembre, le quotidien The Guardian a notamment relevé des publications islamophobes ou racistes sur les réseaux sociaux de 25 conseillers municipaux ou ex-conseillers conservateurs, dont des appels à interdire des mosquées ou qualifiant les musulmans de "barbares" ou d'"ennemis de l'intérieur".