Une photographie prise au Cameroun ? Non, cette scène se déroule dans un village ghanéen

Une publication, partagée des centaines de fois sur Facebook, affirme qu'une photographie d’un enfant buvant de l’eau croupie a été prise au Cameroun. Mais cette scène a été photographiée à Akpatoeme, un village ghanéen.

D’autres publications sur les réseaux sociaux utilisent cette photographie affirmant que celle-ci a été prise au Benin, comme sur Twitter ici, en Côte d’Ivoire, comme sur Facebook ici, ou encore au Kenya, selon le compte Instagram d’une ONG.

Capture d'écran Facebook réalisée le 15/02/2019
Capture d'écran Facebook réalisée le 15/02/2019

Une recherche inversée via Google image permet de retrouver une publication antérieure reprenant cette photographie sur les réseaux sociaux.

Il s'agit d'un post Facebook, daté du 21 novembre 2018, qui interpelle la Première Dame du Ghana, Rebecca Akufo-Addo, sur la situation de Akpatoeme, un village ghanéen situé non loin de la frontière togolaise.

Capture d'écran Facebook réalisée le 15/02/2019

L’auteur du post, Ahiabli Ernest,  y affirme que les habitants de ce village sont contraints de boire “l’eau contaminée” de la rivière depuis août 2018, date à laquelle leur pompe à eau a selon lui cédé. 

Contacté par l’AFP, M. Ahiabli affirme être l’auteur de la photographie. Il a également transmis à l'AFP d’autres clichés, pris par sa "soeur", et correspondant au premier cliché.

Sur l’image de gauche, dans le cercle bleu, on peut distinguer le garçon avec son marcel bleu ciel et son récipient vert.

Capture d'écran Facebook réalisée le 15/02/2019

A l'intérieur du rectangle orange se trouve M. Ahiabli (la photographie correspond à celle de son profil Facebook), davantage identifiable sur ce cliché, où l’on retrouve la jeune fille vêtue d’une tunique multicolore (dans le rectangle vert).

Capture d'écran réalisée le 15/02/2019

La photographie du garçon buvant l’eau croupie “a bien été pris dans mon village, pas au Cameroun, dans mon village qui a besoin d’aide”, a-t-il insisté auprès de l’AFP. "Mes compatriotes souffrent, l'un de mes amis a écrit un article là-dessus, mais nous n'avons pas de réponse", a-t-il déploré. 

77,8% de la population ghanéenne dispose d’un accès à  un service d'eau potable basique, selon des données de la Banque Mondiale datant de 2015.  Il existe toutefois un écart entre les milieux ruraux (66%)  et urbains (87,83%), toujours selon cette source. 

Mis à jour le 18/02/2019 à 17h10 avec statistiques sur l'accès à l'eau potable au Ghana. 
Mis à jour le 22/02/2019 à 17h32 avec correction des taux d'accès à un service d'eau potable basique au Ghana. 

 

Camille Malplat