Le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros lors d'un discours en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 24 janvier 2019 (AFP / Fabrice Coffrini)

Non, George Soros n’a pas été arrêté en Suisse en février 2019

Des articles en ligne, partagés plusieurs milliers de fois sur les réseaux sociaux, annoncent l’arrestation en Suisse du milliardaire George Soros, cible privilégiée des théories complotistes. C’est faux, ont confirmé à l'AFP la police fédérale suisse et l’Open Society Foundation, organisation du philanthrope.

“Le 3 février 2019, George Soros aurait été arrêté en Suisse à 13 h 23 GMT”, prétend l’article, publié en anglais sur plusieurs sites régulièrement épinglés pour propager des informations fausses et également traduit et partagé en français. George Soros, philanthrope milliardaire américano-hongrois, se voit souvent reprocher une supposée proximité avec les cercles de pouvoir mondiaux. Il est aussi accusé d'avoir fomenté de nombreux évènements politiques récents, dont le financement de la caravane de migrants d'Amérique centrale ayant traversé le Mexique jusqu'à la frontière américaine.

Capture d'écran réalisée sur Facebook le 7 février 2019

L’article original a été partagé plus de 1.500 fois sur Facebook, selon le compteur de l’outil Crowdtangle. Une vidéo sur YouTube, utilisant le même article comme source, comptabilisait près de 375.000 vues au moment de la publication de cet article.

Capture d'écran réalisée sur Youtube le 7 février 2019

L’article partagé développe une théorie selon laquelle le milliardaire aurait été arrêté à St. Margrethenberg, en Suisse, le 3 février 2019.

"Il n'y a pas de cas qui concerne ce monsieur-là (George Soros, ndlr) en Suisse actuellement", a déclaré à l’AFP Thomas Dayer, porte-parole de la police fédérale suisse.

“Ces allégations sont fausses”, a également assuré Denise Sammon, porte-parole de l’Open Society Foundation, dans un e-mail laconique.

Outre les démentis officiels, plusieurs éléments permettent de douter de la véracité de l’information. L’auteure de la publication a par exemple déjà publié trois autres articles sur George Soros au cours de l’année précédente, ainsi que de multiples allégations infondées sur Barack Obama, les Clinton et le Vatican.

L’article ne fournit par ailleurs aucune source ou preuve des informations avancées, en plus de présenter des fautes d'orthographe dès sa toute première phrase.

Aucun média suisse ou international crédible n’a en outre mentionné une quelconque arrestation de George Soros le 3 février 2019, et les comptes Twitter et sites internet du milliardaire, de son organisation et de la police fédérale suisse n’en ont pas non plus fait mention.