(Capture d'écran Facebook du 19 mars)

Non, cette photo ne montre pas un enfant tué par l'armée israélienne

Des posts, partagés des milliers de fois sur les réseaux sociaux, prétendent montrer un enfant palestinien tué par la police israélienne. Mais cette image est extraite d’un film du réalisateur tunisien Chawki El Mejri, “Le royaume des fourmis”.

C’est une image choquante : un petit garçon, âgé d’une douzaine d’années, à genoux, portant une chemise maculée de sang.

Très partagée, notamment accompagnée de légendes en anglais, cette image est présentée comme étant la photographie d’un jeune palestinien tué par la police israélienne.

“Voici un enfant palestinien tué par la police, et adressant un dernier regard glaçant à son assassin”, lit-on sur plusieurs posts, dont l'un est partagé plus de 13.000 fois sur Facebook.

Capture d'écran d'un post Facebook réalisée le 20/03/2019

Et l'’image a fait le tour du monde. “Cet enfant, blessé au coeur par la police israélienne, affronte du regard son assassin”, lit-on sur un site géorgien. On retrouve également trace de cette histoire sur un site grec.

Pourtant, une simple recherche inversée sur Google Images permet de retrouver la photographie originale. Cette dernière est issue du film  “le royaume des fourmis”, réalisé par Chawki El Mejri, en 2012.


Une présentation de ce film est disponible sur le site des journées cinématographiques de Carthage, festival où il était présenté en compétition.

Le petit garçon apparaissant dans les posts Facebook trompeurs porte exactement la même chemise, où figure la même tâche de sang, au côté gauche, que le petit garçon que l’on aperçoit dans le trailer du film, à 3’40.

Une version plus nette de cette même bande-annonce a également été postée ici, sur le site de Fadi Hakim, un vidéaste ayant travaillé sur la post-production du film.

Le montage réalisé par l’AFP ci-dessous compare l’image du post Facebook trompeur (à gauche) ainsi qu’une capture d’écran du trailer (à droite) :

Voici le synopsis du film disponible sur le site des journées cinématographiques de Carthage : “trois générations de Palestiniens luttent pour leur survie, et celle de leurs rêves {...} Ils se battent pour vivre, pour aimer, pour sauver leur identité, et leurs terres”, lit-on.