Non, ces pièces sont vendues comme objets de quincaillerie en Allemagne

Copyright AFP 2017-2021. Droits de reproduction réservés.

Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, une pièce sur laquelle figurent des illustrations érotiques sont présentées comme étant les nouvelles pièces de l’Eco, monnaie destinée à remplacer le franc CFA dans les huit pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Si ces images ne montrent que de fausses pièces en vente sur Amazon, cette rumeur vient alimenter la défiance à l’égard de l’Eco et du franc CFA dans les pays de la région. 

"L’homme européen prend notre supposée nouvelle monnaie Eco pour organiser un jeu de pornographie ! Quelle éducation pour nos jeunes frères et soeurs ?". Cette publication indignée d’un internaute sénégalais, publiée le 13 janvier sur Facebook, est accompagnée de photographies de pièces similaires à des pièces d’un euro, sur lesquelles on distingue des couples ayant des relations sexuelles dans diverses positions. 

(Capture d'écran Facebook datée du 20 janvier 2020)

 

Loin de s’arrêter aux frontières du Sénégal, cette rumeur s’est également propagée au Ghana, en Gambie ou encore au Bénin.  

Une simple recherche d’images inversée sur Google Images permet de se rendre compte que ces fausses pièces de monnaie aux dessins licencieux ne sont en rien liées à la nouvelle monnaie de l’UEMOA, puisqu'elles sont vendues sur le site allemand d’Amazon, dans la rubrique "quincaillerie". 

A ce jour, l’apparence de cette nouvelle monnaie est, pour l’heure, inconnue. 

Le "franc des colonies françaises d'Afrique" a été créé en 1945 et était devenu le "franc de la Communauté financière africaine" après les indépendances. Il avait fait l’objet, ces derniers mois, de polémiques d’une ampleur grandissante en Afrique de l’Ouest. Les accusations de néo-colonialisme sont également récurrentes et plusieurs manifestations contre le franc CFA ont eu lieu en 2017 au Bénin, au Gabon, en Côte d'Ivoire et au Mali.

La réforme à venir prévoit que les banques centrales d'Afrique de l'Ouest ne devront plus déposer la moitié de leurs réserves de change auprès de la Banque de France, une obligation qui était aussi perçue comme une dépendance humiliante vis-à-vis de la France par les détracteurs du FCFA. 

En revanche, la parité fixe avec l'euro du franc CFA, le futur Eco, est maintenue (1 euro = 655,96 francs CFA), mais ce point est appelé à évoluer lorsque la monnaie commune ouest-africaine verra le jour.

Anne-Sophie Faivre Le Cadre