Non, ceci n'est pas un radar, mais un appareil servant au comptage des véhicules

Une publication, partagée plus de 600.000 fois sur Facebook, met en garde contre de prétendus "nouveaux radars" sur les routes françaises. Mais le boîtier figurant sur la photo, placé sur un panneau de signalisation d'une route des Alpes-de-Haute-Provence, est en réalité utilisé pour compter le trafic.

"Attention aux nouveaux radars", alerte la page Facebook "Smile" à deux reprises, en novembre 2016 et juin 2017. Sur l'image, un petit boîtier noir est accroché au dos d'un panneau de signalisation rond.

Capture d'écran de la page Facebook "Smile" réalisée le 31/10/2018Capture d'écran de la page Facebook "Smile" réalisée le 31/10/2018

Déjà repérée par le site Hoax-net.be, cette fausse information concerne bien un dispositif placé un temps sur une route de Mallemoisson, dans les Alpes-de-Haute-Provence, sur ce panneau de signalisation.

Cinq éléments le prouvent, figurant sur l'image ci-dessous:

1 - le petit tas d'herbe
2 - la forme caractéristique de l'arbre
3 - les fixations du panneau de signalisation et la forme rectangulaire du mât de fixation
4 - la ligne d'herbes hautes
5 - la forme de la colline en fond

Comparaison de la photo du dispositif à Mallemoisson et de la vue sur Google MapsComparaison de la photo du dispositif à Mallemoisson et de la vue sur Google Maps (AFP)

Mais en réalité, ce petit boîtier n'est pas un radar mais un appareil servant au comptage des véhicules et commercialisé par l'entreprise canadienne Miovision. Voici la fiche technique de l'appareil sur le site de l'entreprise.

Capture d'écran du site miovision.com réalisée le 31/10/2018Capture d'écran du site miovision.com réalisée le 31/10/2018

"Le but de l'APLR Study Kit est de permettre aux ingénieurs en charge du trafic de mesurer le flot de circulation. L'information est utilisable lorsqu'une commune veut étudier l'impact d'une nouvelle architecture sur le trafic routier" explique Tony Florio, directeur des communications pour Miovision contacté par l'AFP.

"Le temps de trajet", poursuit-il, "peut être calculé en utilisant l'APLR Study Kit mais le dispositf ne calcule pas une vitesse précisément vérifiée pour être utilisée par les forces de l'ordre en charge des infractions au code de la route". 

M. Florio confirme de toute façon n'avoir jamais "vendu ce dispositif aux forces de l'ordre en France ou dans tout autre pays. A notre connaissance, ce produit n'est pas utilisé pas les forces de l'ordre en charge de la sécurité routière".

L'AFP a en outre interrogé les gendarmes de la sécurité routière des Alpes-de-Haute-Provence, alors que Mallemoisson se trouve en zone gendarmerie. "Nous n'utilisons pas ce dispositif" ont-ils indiqué.

Guillaume Daudin
Rémi Banet