Jérôme Rodrigues, le 6 février 2019 (Joël Saget)

Jérôme Rodrigues

Âge 40
Blessé le 26 janvier
Lieu de la blessure Paris
Oeil Droit
Arme mise en cause LBD
Plainte Oui
Enquête administrative IGPN

Jérôme Rodrigues a été blessé le 26 janvier à Paris, place de la Bastille. L'AFP l'a rencontré le 6 février 2019.

Pourquoi étiez-vous là ?

"Moi, j'étais sorti dans la rue pour essayer de faire comprendre à ce gouvernement qu'il est important qu'aujourd'hui, le peuple français puisse vivre dignement du salaire qu'il gagne, du travail qu'il accomplit - moi j'ai des valeurs de travail, j'ai été élevé de cette manière-là -, et qu'il est regrettable qu'il ne l'entende pas. Un mouvement comme celui des "gilets jaunes", il l'attendait "depuis des années". "On aurait dû faire ça en 2008 pendant la crise des banques qu'on nous a demandé de renflouer", estime-t-il: "J'ai pas attendu que Macron dise de traverser la rue, j'ai traversé la France pour trouver du boulot et ça marche pas".

Que s'est-il passé ?

"Ma fille était devant la télé quand ça s'est passé. Elle savait pas que c'était son père, mais ma gamine a vu son père se faire déglinguer en direct à la télé".

Quelle est votre vie maintenant ?

"Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Deux vies déglinguées. La mienne. Et le policier qui m'a tiré dessus, il va lui arriver quoi à lui ? Il a peut être une femme et des enfants. Alors il a respecté un ordre, il est dans son bon droit, certes, mais peut-être qu'il a aussi une vie détruite derrière. Ça me dérange d'être un symbole. Je me battais pour remplir le frigo, le RIC (référendum d'initiative citoyenne, ndlr) et la fin des privilèges et je m'aperçois qu'aujourd'hui je vais devoir mener un nouveau combat". 

"Lorsque ça a commencé, je m'étais senti investi d'une mission en tant que témoin-acteur. Aujourd'hui, j'ai une nouvelle responsabilité qui m'incombe, c'est d'essayer d'emmener le mouvement plus loin et de refédérer les forces qui se sont un peu embrouillées ces derniers temps. C'est n'est que par la cohésion qu’on pourra avancer".

Retrouvez notre dossier sur les manifestants, passants, lycéens grièvement blessés à l'oeil depuis novembre.

EDIT 04/04 : coquille corrigée
Sami Acef
Simon Valmary