
Non, cette vidéo d'une manifestation à Niamey ne date pas du 6 août
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- Publié le 07 août 2023 à 17:29
- Mis à jour le 07 août 2023 à 17:36
- Lecture : 2 min
- Par : Anne ROLANDIN
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Une séquence d’une vingtaine de secondes, filmée en mode selfie et partagée de nombreuses fois sur X (ex-Twitter), prétend qu’un rassemblement en soutien au président nigérien déchu Mohamed Bazoum aurait eu lieu dimanche 6 août à Niamey.
Son auteur, qui tient son téléphone en mode selfie , déambule dans la rue au milieu d'une foule et déclame : "(...) Libérez le président de la République Bazoum Mohamed ! Toute la jeunesse nigérienne est là ! Nous allons libérer le président Bazoum, le président du peuple, le président de la jeunesse (...) Vive le président Bazoum".
Des militaires nigériens, en proie à la violence jihadiste et jusqu'alors alliés des pays occidentaux, ont annoncé le 26 juillet à la télévision nationale avoir renversé le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, au pouvoir depuis 2021, comme l'a rapporté l'AFP au moment des faits(archive).
Mais la vidéo étudiée ici ne date pas de ce week-end, précisément dimanche, moment où elle a été de nouveau partagée sur les réseaux sociaux.
Sur Facebook, nous avons pu retrouver une occurrence plus ancienne de cette vidéo (disponible ici et archivée là), publiée le 26 juillet, lors du début de la tentative de coup d’Etat.
Ce jour-là, un rassemblement pro-Bazoum avait été organisé sur la Place de la Concertation à Niamey. On y retrouve le même homme, habillé de la même façon, et prononçant le même discours. La vidéo étudiée ne concerne donc pas une manifestation qui se serait tenue ce week-end à Niamey.


Néanmoins, les manifestations de soutien en faveur du président déchu se poursuivent. A Paris ce week-end, un rassemblement a d'ailleurs eu lieu (archive).
Le coup d'Etat a été condamné par l'ensemble des partenaires occidentaux du Niger et la plupart des pays africains, mais les militaires nigériens ont reçu le soutien de leurs homologues du Mali et du Burkina Faso - également arrivés au pouvoir par des coups d'Etat en 2020 et 2022 et eux aussi confrontés à la violence jihadiste - qui affirment qu'une intervention au Niger serait une "déclaration de guerre" à leurs deux pays.
La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), organisation régionale dont le Niger est membre, et les pays occidentaux réclament un retour à l'ordre constitutionnel et la libération du président Bazoum, toujours détenu par les militaires ayant pris le pouvoir.
7 août 2023 ajoute lien archivé au premier paragraphe