Cette vidéo de drones est ancienne, sans rapport avec les explosions au port de Beyrouth

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Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux prétend montrer des drones survolant Beyrouth juste avant les terribles explosions qui ont dévasté le port de la ville le 4 août. C'est faux. La vidéo est ancienne et circulait déjà sur le web quelques jours avant les explosions. 

La vidéo, très courte et floue, dure dix secondes à peine. Elle montre deux drones dans le ciel. Un premier, bien visible, lâche un objet non identifié, tandis qu'un second apparaît très brièvement. 

Capture d'écran d'une publication Facebook réalisée le 5 août 2020.

"Visionnez les deux attaques de drones sur Beyrouth avec différentes intensités", affirme cette publication Facebook, partagée plusieurs milliers de fois en quelques heures à peine.

Capture d'écran d'une publication Facebook réalisée le 5 août 2020.

L'extrait est également relayé avec des légendes similaires en arabe, sur Facebook et Twitter notamment.

Des anciennes images 

En réalité, la vidéo est plus ancienne. Elle a été diffusée le 30 juillet par plusieurs chaînes libanaises (1, 2, 3) affirmant qu'il s'agissait "de deux drones ennemis" aperçus au-dessus des localités de Houla et Mays-el-Jabal, dans le sud du Liban.

Dans le même temps, l'Agence nationale de l'information libanaise avait rapporté que deux drones israéliens avaient survolé cette zone à basse altitude. 

"L'armée libanaise a annoncé dans un communiqué vendredi que deux drones ennemis ont survolé les régions de Houla et Mays el Jabal", avait publié l'agence de presse libanaise le 31 juillet sur son site francophone. 

Les deux engins volants ont violé l'espace aérien libanais et survolé le lieu d'un incendie où ils ont jeté une bouteille en verre et un petit sac, sous les yeux de la Force intérimaire des Nations unis au Liban (FINUL), précise la version arabophone

Beyrouth en état d'urgence

Au moins 113 personnes ont péri dans une double explosion dévastatrice au port de Beyrouth et des dizaines d'autres sont portées disparues, selon un nouveau bilan fourni mercredi par le ministre de la Santé, Hamad Hassan.

Les énormes déflagrations survenues le 4 août ont aussi fait 4.000 blessés et provoqué des scènes de dévastation et de panique dans la capitale ravagée par des dégâts sans précédent.

Le gouvernement libanais a pointé du doigt une cargaison de nitrate d'ammonium stockée "sans mesures de précaution" dans le port. Il a décrété un état d'urgence de deux semaines à Beyrouth.

 
AFP Middle East and North Africa
Traduction et adaptation :
 
Salsabil Chellali