Cette photo de soignants posant avec une affiche contre la police est un montage

Une photo partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux depuis le 18 mars montre un groupe de soignants posant avec une affiche dénonçant des violences policières. Il s'agit d'un photomontage.

"Messieurs les policiers, hier, vous nous avez frappé, gazé, arrêté, humilié... Aujourd'hui, il n'y a pas de place pour vous à l'hosto", peut-on lire sur l'affiche en question, comportant également l'acronyme "Acab", un slogan anti-police.

(capture d'écran réalisée sur Facebook le 19 mars )

De nombreuses publications Facebook, parfois partagées des milliers de fois, ont relayé cette image depuis le 18 mars (1,2,3,4,5,6...).

Dans les commentaires, la plupart des internautes ont repéré qu'il s'agissait d'un montage grossier. Mais certains pensent voir un véritable cliché.

(capture d'écran réalisée sur Facebook le 19 mars)

Plusieurs éléments sur la photo trahissent un montage : le texte semble avoir été incrusté a posteriori sur l'affiche et la casse est irrégulière (le "Ê" en gras et le "à" en minuscule...). 

(Capture d'écran de la photo)

Par ailleurs, en analysant la composition de l'image grâce à l'outil "forensic" du logiciel InVid, co-développé par l'AFP, et disponible ici,  on détecte une différence de qualité d'image, précisément à l'endroit où se trouve le texte.

(Capture d'écran réalisée sur Forensics)

Dans les commentaires, de nombreux utilisateurs de Facebook diffusent une autre photo :

(capture d'écran réalisée sur Facebook le 19 mars 2020)

"N'allez pas voter", peut-on lire sur le cliché d'origine. Une recherche d'image inversée sur Google permet de le retrouver, crédité, sur le site de France 3 Corse, dans un article daté du 15 mars, jour du premier tour des élections municipales.

Contactée via Facebook le 19 mars, la personne créditée sur le site de France 3, infirmière à l'hôpital d'Ajaccio, a confirmé à l'AFP qu'il s'agissait bien de la photo originale, prise le matin du vote.

De nombreuses voix s'étaient en effet élevées, à l'approche du premier tour, pour dénoncer le risque sanitaire que pouvait représenter les rassemblements en bureaux de vote, en pleine épidémie de nouveau coronavirus en France.

Il est "important de voter dans ces moments-là", avait souligné le président de la Républiqe Emmanuel Macron, interrogé au Touquet (Pas-de-Calais) sur la tenue du scrutin, après avoir déposé son bulletin.

Lundi 16 mars, le Premier ministre Edouard Philippe a proposé un report du second tour au mois de juin.

Le nouveau coronavirus, qui avait fait plus de 9.000 morts dans le monde le 19 mars 2020 à 12h selon un décompte AFP, continue de susciter un flot ininterrompu de fausses informations largement relayées sur les réseaux sociaux, dans le monde entier. Voici la liste des articles de vérification de l'AFP en français.

François D'Astier