Cette araignée rare n'est pas mortelle, elle ne présente aucun risque pour l'homme

  • Cet article date de plus d'un an
  • Publié le 24 mars 2020 à 13:15
  • Lecture : 3 min
  • Par : AFP Mexique
Des photos circulant sur les réseaux sociaux dans plusieurs langues, montrant une araignée rare mettent en garde contre le danger mortel qu'elle peut représenter. En réalité, il n'y a aucune raison de se méfier de cette espèce, elle est sans risque pour l'homme.

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Capture d'écran d'une publication Facebook réalisée le 20 mars 2020.

Dans cette publication Facebook relayée 10.000 fois depuis le 16 février, le texte avertit : "pour ceux qui vont à la plage actuellement attention à ceci. N'essayez pas de le ramasser en pensant que c'est une oeuvre d'art. C'est une araignée hyper venimeuse. Si elle vous pique vous mourrez dans les 5mn qui suivent". 

Des photos identiques avec des avertissements similaires ont aussi largement circulé dans d'autres pays via les réseaux sociaux, en arabe et en espagnol.

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Capture d'écran d'un tweet réalisée le 23 mars 2020.

Dans les commentaires, certains internautes inquiets prennent note du prétendu conseil, tandis que d'autres avertissent de la supercherie, affirmant que l'araignée est sans danger.

Grâce à une recherche d'images inversée et à la signature visible sur les photos, nous avons retrouvé les clichés originaux sur le compte Flickr de Nick Bay, un photographe de Singapour.

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Capture d'écran d'une photo Flickr réalisée le 04 mars 2020.

Dans le titre de la photo, il est indiqué qu'il s'agit d'une araignée du genre Cyclocosmia, décrite dans la légende "avec un abdomen postérieur très sclérosé et abruptement tronqué qu'elle utilise comme un bouchon pour fermer son terrier. Cela permet d'éviter les attaques de prédateurs tels que les guêpes".

Contacté par l’AFP, Nick Bay a indiqué que la photo a été prise en Thaïlande, sans donner plus de détails sur le lieu, expliquant que cette araignée est très recherchée pour le trafic d'espèces.

"Elle n'est absolument pas dangereuse. Vous pouvez la toucher sans problème, vous risquez juste de l'énerver. Elle préfère se cacher plutôt que d'attaquer. Si elle mord, elle injecte du venin, mais comme presque toutes les autres araignées. Son venin est généralement sans danger pour l'homme, sauf s'il provoque une réaction allergique", a-t-il écrit aux journalistes de l’AFP en Amérique latine. 

En raison de leur rareté, de la perte d'habitat et du braconnage, ce genre d'araignée est vulnérable et en danger d'extinction, explique le photographe. 

Selon Diego Barrales Alcalá, membre de la Collection nationale d'arachnides de l'Institut de biologie de l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM) consulté par l'AFP, dix espèces du genre Cyclocosmia ont été identifiées dans le monde.

Phénomène de camouflage

"Il y a trois espèces de ce genre en Amérique du Nord (une au Mexique, deux aux États-Unis) et sept autres se trouvent en Asie", a précisé l'arachnologue, selon lequel, ce genre est aussi connu sous le nom d'"araignée trappe".

Sa principale caractéristique est la fragmentation, un phénomène biologique par lequel l'araignée utilise une partie de son corps pour sceller son terrier, ce qui peut s'apparenter à un phénomène de camouflage, a-t-il expliqué.

Comme Nick Bay, l'universitaire a indiqué qu'elle possède du venin, comme la plupart des 48.000 espèces d'araignées découvertes. Une seule famille, les Uloboridae, n'a pas de venin, a-t-il ajouté.

D'après le spécialiste, "les araignées du type Cyclocosmia n'ont pas d'intérêt médical ou de risque pour l'homme". Ces araignées sont généralement insaisissables, mais si elles mordent, elles provoquent une certaine douleur au niveau de la zone touchée par les crochets, toutefois cela ne suscite pas de plus ample réaction, a-t-il indiqué.

"La plupart de ces animaux sont inoffensifs, ils ne cherchent pas à attaquer ou à mordre. Ils sont habituellement enfouis dans le sol, et il est donc peu probable que cela se produise", a ajouté Barrales Alcalá. Ainsi, ces araignées-pièges qui construisent les tunnels où elles vivent, sont difficiles à localiser.

Traduit et adapté de l'espagnol par Salsabil Chellali.

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