Arthur G

  • Cet article date de plus d'un an
  • Publié le 04 avril 2019 à 08:59
  • Mis à jour le 17 novembre 2023 à 11:32
  • Lecture : 3 min
  • Par : AFP France
Âge 24
Blessé le 29 décembre
Lieu de la blessure Toulouse
Oeil Droit
Certificat médical consulté Non
Arme mise en cause LBD
Plainte Non
Enquête administrative IGPN
   

Arthur G a été blessé le 29 décembre à Toulouse lors d'une manifestation de "gilets jaunes". "Je ne souhaite ni maintenant ni plus tard m'entrenir sur ce sujet avec quelconque journaliste", a décliné Arthur, sollicité par l'AFP. 

Selon une source proche du dossier, Arthur a eu une "plaie hémorragique à l'oeil droit; et souffrait par ailleurs de fractures au niveau du visage. Une opération n'a pas permis de sauver son œil droit, qu'il a perdu." 

Toujours selon cette source, il "a été entendu par les enquêteurs, et a déclaré que lors la manifestation à laquelle il participait, il avait escaladé avec d'autres manifestants le mur d’une crèche située rue Sainte Lucie à Toulouse, et qu’en en ressortant de ces lieux, il avait été atteint par un choc violent au niveau du visage. Il a précisé qu'à ce moment il se trouvait au milieu d’un mouvement de foule se déroulant, sans qu’il ne connaisse personnellement les individus l’ayant entouré."

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A l'occasion du premier anniversaire de lancement du mouvement, l'AFP a réinterrogé mi-octobre les manifestants éborgnés.

L'AFP n'a pu joindre Arthur Garnon. 

Le procureur de Toulouse Dominique Alzeari a indiqué à l'AFP le 25 octobre qu'"une enquête IGPN est en cours".

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A l'occasion du cinquième anniversaire de lancement du mouvement, l'AFP a réinterrogé à l'automne 2023 les manifestants éborgnés.

A l’époque intérimaire dans la logistique résidant à Toulouse, il a aujourd’hui arrêté de travailler pour des raisons qui ne sont pas en lien avec sa mutilation et vit dans le Lot-et-Garonne.

Arthur assure qu’il n’était pas un gilet jaune, qu’il n’était pas venu pour manifester mais seulement pour "aller voir" l’agitation alors que la manifestation avait lieu près de chez lui.

"A un moment, il y a eu un mouvement de foule : tous les gens étaient partis dans une direction donc j'ai suivi le troupeau. J’ai pris la décision de rentrer chez moi, ça devenait trop dangereux, il y avait du gaz partout. En rentrant, quand je suis arrivé à l’angle de ma rue, il y avait des policiers qui étaient postés et j’ai reçu un tir de LBD", dit-il.

Il y a eu une enquête préliminaire et une enquête de l’IGPN juste après les faits. Puis un juge d’instruction a été désigné en septembre 2020. A ce jour, personne n’a été mis en examen, indique Me Claire Dujardin, et Arthur n’a pas encore été entendu. D’après Arthur, deux policiers seraient soupçonnés d’être l’auteur du tir.

"On constate que ces dossiers-là, où des policiers peuvent être mis en cause, ne font pas l'objet d'une attention particulière: ils sont un peu mis de côté, ils traînent depuis des années sans mise en examen, sans acte pour aboutir à un procès. Dans la situation d'Arthur, on est quand même trois ans après le début de l’instruction et cinq ans après les faits, pourtant il n'y a toujours rien", assure Claire Dujardin.

Arthur et son avocate n’ont pas reçu de réparation financière car l’affaire n’a pas été jugée. Ils ont demandé une aide à la CIVI et attendent une réponse pour le 21 décembre.

"J’ai touché un peu d'argent de ma mutuelle pour mes soins, une dizaine de milliers d'euros, c’était compris dans mon contrat", dit Arthur.

"J'attends qu'il y ait justice, que la personne qui a fait ça paye", ajoute-t-il.

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Retrouvez notre dossier sur les manifestants, passants, lycéens grièvement blessés à l'oeil durant l'hiver 2018-2019.

EDIT 13/11/2019 : mise à jour de l'article

EDIT : 17/11/2023 : article mis à jour

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