
Ces photos ne montrent pas l’arrivée de loups à Lausanne
- Cet article date de plus d'un an
- Publié le 12 février 2021 à 19:22
- Lecture : 4 min
- Par : AFP Belgique, Marie GENRIES
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"Voilà les loups arrivent en ville epfl Lausanne" , affirme cet internaute, qui partage deux photos montrant des animaux ressemblant à des loups se promener en face de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse.

Ces photos ont été partagées plusieurs centaines de fois sur Facebook depuis début février.
En comparant la photo publiée sur Facebook et les alentours de l'École polytechnique fédérale de Lausanne sur Google Earth, on reconnaît l'endroit où ont été photographiés ces animaux. Il s'agit de la route cantonale, devant le bâtiment du laboratoire Swiss Plasma Center.

Il ne s'agit pourtant pas de loups mais bien de chiens, a déclaré à l'AFP le 12 février 2021 Denis Rychner, conseiller en communication de la Direction générale de l'environnement (DGE) du canton de Vaud. "Ces chiens sont régulièrement observés à St-Sulpice et dans les communes environnantes lorsqu’ils s’enfuient du domicile de leur propriétaire", a-t-il indiqué. La commune de Saint-Sulpice se trouve à moins de deux kilomètres de l'EPFL. Denis Rychner a précisé que la DGE avait contacté le propriétaire de ces chiens après la diffusion de ces images sur les réseaux sociaux, ce dernier ayant confirmé que ces photos n'avaient pas été prises en janvier 2021 mais à l'automne 2020.
Ces chiens ressemblent à des loups car ils appartiennent à la race du chien loup tchécoslovaque, issu du croisement entre le Berger allemand et le loup des Carpates.
"Les spécialistes ne peuvent exclure la présence sporadique d’un loup en plaine, à proximité d’une agglomération", a par ailleurs expliqué à l'AFP Denis Rychner, qui a mentionné un cas de loup à Lausanne en mars 2020. "Toutefois, l’agglomération lausannoise et ses environs sont fortement cloisonnés par les réseaux routiers et la densité de la surface bâtie réduit fortement la probabilité d’observer un loup dans ce secteur, encore plus de jour", a-t-il ajouté.
Le 7 janvier dernier, un loup avait été aperçu à Genève pour la première fois depuis 150 ans.
Cette histoire de "loups" à Lausanne a par ailleurs été rapportée par la Tribune de Genève et par DPA.

Il existe aujourd’hui environ 80 loups en Suisse, selon le site du Département fédéral de l'environnement. Après des abattages systématiques pendant plusieurs années, la mise sous protection du loup en Italie puis en Suisse a permis son rétablissement dans les Alpes au mitan des années 1990. Il s'est réinstallé en Suisse en provenance d'Italie à cette période, explique la fondation KORA, pour l'écologie des carnivores et la gestion de la faune sauvage sur son site.
Son abattage est aujourd'hui soumis à de strictes conditions : les cantons devront agir de manière proportionnée et ne pourront par exemple intervenir dans des meutes qui se sont établies loin de troupeaux ou de villages. En outre, ils devront motiver la nécessité de ces tirs au préalable auprès de la Confédération, indique le site du gouvernement.

Dans un rapport publié en septembre 2020, la fondation KORA, qui effectue notamment un monitoring des carnivores et encadre des recherches sur la faune sauvage, indique qu'au cours des dernières années, la présence de loups à proximité voire dans les villes en Suisse a été plus fréquemment observée, tout en restant assez marginale. La fondation écrit que cette présence a été "à l’origine d’un débat national sur la question de savoir si les loups 'perdaient leur peur instinctive des humains'".
Pourtant, poursuit le rapport, "la présence du loup à proximité des habitations et ses rencontres avec l’homme ne sont pas des phénomènes exceptionnels". Les auteurs invitent les habitants à se renseigner sur le comportement à adopter face à un loup : "Dans la plupart des cas de rencontres entre l’homme et le loup, ce dernier se retire dès qu’il remarque la présence de l’humain (...) Nourrir et attirer les loups (ou les ours) peut en effet déclencher des réactions indésirables chez les animaux. Il faut donc éviter à tout prix de le faire".
