
Tunisie : un faux sondage à la veille de la présidentielle pour influencer les électeurs indécis
- Cet article date de plus d'un an
- Publié le 13 septembre 2019 à 18:40
- Mis à jour le 19 septembre 2019 à 15:50
- Lecture : 3 min
- Par : Salsabil CHELLALI
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Depuis le 11 septembre, une capture d’écran d’un résultat de sondage circule discrètement, - les sondages étant interdits par la loi pendant la campagne électorale -, via les messageries privées de Messenger et WhatsApp. Estampillé du logo du cabinet de conseil Sigma, spécialisé dans les sondages d’opinion, le document dont nous avons également retrouvé la trace sur une page Facebook, prétend donner les tendances de vote des électeurs tunisiens.

Les personnes interrogées auraient répondu à la question suivante : “si le vote était aujourd’hui même, pour qui voteriez-vous ?”. Dans les résultats de ce prétendu sondage, Nabil Karoui se classe en tête, suivi de Youssef Chahed et de Abdelfattah Mourou, soutient le document.
"Influencer les électeurs"
Hassen Zargouni, le directeur du cabinet de conseil Sigma, a rapidement réagi sur sa page Facebook pour dénoncer “un document imitant la charte graphique Sigma et plaçant des candidats en bonne position d’éligibilité au second tour en tentant de faire croire aux gens que c’est le fruit du travail de Sigma”.

“Beaucoup de faux sondages, non associés à notre marque, circulent, mais celui-ci s’est propagé comme une traînée de poudre, par messages. Ce n’était plus tolérable et nous avons décidé d’alerter l’opinion publique”, a expliqué Hassen Zargouni, contacté par téléphone par l’AFP le 13 septembre 2019.
“Les noms et les chiffres ne correspondent pas à la réalité et tentent d’influencer les électeurs pour favoriser le vote utile”, a-t-il ajouté.
Sondages interdits
La publication de sondages d’opinions sur les intentions de vote est interdite à l’approche des élections. La loi tunisienne relative aux élections et aux référendums le stipule dans son article 70.
“Des sondages se font actuellement par téléphone et ce n’est pas interdit. L’interdiction porte sur la publication et le commentaire de sondages qui peuvent influencer les électeurs et les résultats des élections”, a précisé Hasna Ben Slimane, porte-parole de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). Si “des sanctions pénales existent” et que “les sondages profitent à certains” candidats, il est finalement difficile de savoir qui se cache précisément derrière ce faux document, a-t-elle poursuivi.
Avant le coup d’envoi de la campagne présidentielle, c’est l’ambassade de France en Tunisie qui publiait, le 21 août, un démenti concernant une fausse enquête d'opinion. “Un soi-disant sondage relatif à l’élection présidentielle tunisienne du 15 septembre 2019, relayé par des proches de certains candidats, circule sur les réseaux sociaux et est attribué à la France. Ce sondage est évidemment faux et fabriqué de toutes pièces aux fins d’influencer l’opinion”, avertissait la mission diplomatique.
EDIT 19/09 : ajout de bannieres en fin d'article