Non, la Nasa n'a pas admis que le changement climatique est dû aux modifications de l'orbite terrestre

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Un article partagé des milliers de fois sur les réseaux sociaux depuis le 28 septembre affirme que la Nasa (National Aeronautics and Space Administration) a admis que le changement climatique est dû aux modifications de l'orbite terrestre, et non à l'activité humaine. Cette affirmation est fausse: au contraire, la Nasa souligne que les scientifiques attribuent le réchauffement climatique observé depuis la moitié du 20e siècle à l'effet de serre qui croît avec l'activité humaine. 

La NASA admet que les changements climatiques sont dûs aux modifications de l'orbite terrestre, et non aux 4x4 ou aux combustibles fossiles,” titre un article erroné, partagé sur Facebook plus de 9.000 fois depuis le 28 septembre, selon l'outil de mesure d'audience CrowdTangle.

Sur Twitter, l'article a également été partagé plus de 700 fois depuis le 26 septembre. Il circule par ailleurs en anglais depuis plusieurs mois, et a été partagé plus de 500.000 fois sur Facebook, toujours selon CrowdTangle. 

 

L'article s'appuie sur des graphiques d'une publication de la Nasa datant de 2000 et supposés prouver, selon la théorie de Milankovitch, que les variations de forme et d'angles de l'orbite terrestre durant des milliers d'années expliquent à elles seules le réchauffement climatique. 

"La théorie de Milankovitch n'est que partiellement correcte", explique à l'AFP, Shaun Lovejoy, Professeur de Physique à l'université McGill, au Canada. "Mais les modifications de l'orbite terrestre sont totalement microscopiques à l'échelle de quelques milliers d'années. En quelque 100.000 (ans), cela pourrait entraîner un changement de température de 2 degrés Celsius. Actuellement, nous faisons face à un changement de 1,1 degrés Celsius en 100 ans, soit 500 fois plus rapide", précise-t-il.

A aucun moment la publication de la Nasa, utilisée par les auteurs de cet article erroné devenu viral, nie le fait que les humains ont un impact sur le changement climatique. Il existe au contraire un consensus chez les scientifiques, et parmi les 1.300 membres du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) des Nations Unies, pour dire que les activités humaines sont responsables du changement climatique. 

Un autre article de la Nasa explique ainsi : "Si le soleil était responsable du réchauffement climatique, nous constaterions un réchauffement au niveau de toutes les couches de l'atmosphère, depuis la surface jusqu'à celle la plus supérieure de l'atmosphère (stratosphère). Mais ce que l'on voit en réalité c'est un réchauffement à la surface et un refroidissement dans la stratosphère. C'est cohérent avec un réchauffement causé par une accumulation de gaz retenant la chaleur près de la surface de la Terre, et non avec un Soleil "plus chaud"". 

Des données de la Nasa montrent que les températures en hausse (en rouge sur le graphique ci-dessous) dépassent de loin la quantité d'énergie du Soleil reçue par la Terre (en jaune). 
 

"Nous savons que les changements subtils de l'orbite terrestre autour du Soleil sont responsables des allées et venues des périodes glaciaires. Mais le réchauffement que nous avons vu ces dernières dizaines d'années est trop rapide pour être lié aux modifications de l'orbite terrestre, et trop important pour être causé par l'activité solaire", est-il expliqué dans l'article de la Nasa. 

Une autre étude de la Nasa de 2012 montre également que "les gaz à effet de serre générés par l'activité humaine - et non les changements de l'activité solaire - sont la force motrice du réchauffement climatique". 

De son côté, le gouvernement canadien a souligné que "les changements dans l'irradiation solaire ont contribué aux évolutions climatiques au cours du siècle dernier mais depuis la Révolution industrielle, l'effet de l'acculumation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère représente plus de 50 fois ceux du rayonnnement solaire". 

Le réchauffement climatique fait régulièrement l'objet de désinformation.  L'AFP a notamment déjà vérifié des informations eronnées, trompeuses, ou nécessitant des précisions, concernant la montée du niveau de la mer ou encore la deforestation. 

Traduit de l'anglais par Aglaé Watrin.