Non, cette image n'est pas une affiche de campagne de Benjamin Griveaux

De nombreuses publications sur Facebook et Twitter partagées des centaines de fois depuis le 14 février prétendent montrer une affiche de campagne de Benjamin Griveaux. Il s'agit en réalité d'un photomontage visant à tourner en dérision l'ancien porte-parole du gouvernement qui a renoncé à sa candidature aux élections municipales à Paris après la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel dans laquelle il apparaît.

"L'affiche de campagne de Griveaux était prémonitoire", affirme un utilisateur de Twitter, dans une publication qui compte plus de 500 retweets et 1 000 mentions j'aime depuis sa publication le 13 février.

On retrouve également cette image dans des publications Facebook (1,2), partagées des centaines de fois, et Twitter (1,2).

De nombreux internautes s'amusent du choix d'un tel slogan de campagne, alors que l'ex-candidat LREM à la mairie de Paris a abandonné la course le 14 février après la publication de vidéos intimes dans lesquelles il apparaît.

Cette image est un photomontage. "Cette phrase n'a jamais été un slogan de campagne", a indiqué l'entourage de l'ancien porte-parole du gouvernement, contacté le 18 février par l'AFP.

Une recherche d'image inversée sur Google permet de retrouver la photo originale. Elle a été notamment été publiée le 14 janvier par le quotidien le Parisien sur son site internet.

(capture d'écran du site du journal Le Parisien réalisée le 18 février 2020)

Contacté par l'AFP, Le Parisien a expliqué que cette photo avait été prise le 15 décembre 2019 par Jean-Baptiste Quentin, l'un de leurs photographes.

L'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski, qui avait incendié la façade d'une succursale de la Banque de France en 2017, a affirmé avoir mis en ligne la vidéo à caractère sexuel. Le 14 février, Benjamin Griveaux annonçait qu'il renonçait à briguer la mairie de Paris.

L'ancien porte-parole du gouvernement a porté plainte contre X samedi. Mardi, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre l'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo pour "atteinte à l'intimité de la vie privée par enregistrement ou transmission de l'image d'une personne présentant un caractère sexuel" et "diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même".

Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo ont été mis en examen mardi par un juge d'instruction chargé de cette enquête et placés sous contrôle judiciaire.

A sa sortie du tribunal amrdi soir, l'activiste a assumé à sa sortie du tribunal la diffusion des vidéos de l'ancien porte-parole du gouvernement. "Bien sûr, je suis content d'avoir fait ça", a-il déclaré

Il a justifié son geste en dénonçant l'"hypocrisie" de M. Griveaux, qui "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris" selon lui. 

Alexandra de Taddeo a reconnu quant à elle être à l'origine la destinataire des vidéos incriminées mais nie toute implication dans leur diffusion.