Des gendarmes insultés en toute impunité? Cette vidéo date de 2024 et l'agresseur a été condamné
- Publié le 12 février 2026 à 17:07
- Lecture : 3 min
- Par : Camille KAUFFMANN
La sécurité est l'un des thèmes les plus abordés par les candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Dans ce contexte, une vidéo circule depuis le 7 février sur X, montrant des gendarmes se faire insulter sans réagir, accompagnée d'un texte en légende s'indignant de cette situation et appelant à ce que l'auteur de cette agression verbale soit condamné. Ces images sont bien réelles, mais les faits en question datent de 2024 et les personnes mises en cause ont été poursuivies et condamnées, comme l'a indiqué la gendarmerie et confirmé le parquet de Nîmes à l'AFP.
"En France, un homme a insulté copieusement des gendarmes et volé la GoPro de l’un d’eux. Ce comportement est totalement inacceptable et constitue des faits graves qui doivent être condamnés", est-il écrit dans une publication du compte Les Spectateurs sur X, accompagnant une vidéo montrant deux gendarmes se faisant insulter. Elle a été vue par plus de 350.000 internautes et repartagée près de 800 fois.
"Le résultat du travail de haine de LFI contre les FDO [forces de l'ordre, NDLR]…", commente Bruno Pomart, maire de Belflou (Aude) et ancien policier instructeur au RAID, “Illustration de la perte d'autorité", ajoute un autre internaute.
Dans cette séquence vidéo de 50 secondes, un homme insulte et menace deux gendarmes et arrache la caméra piéton de la veste de l'un d'eux.
Aucune date, contexte ou indication du lieu n'est donné, ce qui peut laisser entendre qu'il s'agit d'une scène qui s'est déroulée dans les jours précédents. L'appel à ce que les auteurs des insultes soient condamnés, dans la publication mentionnée plus haut, peut laisser entendre que cela n'a pas été le cas.
Vidéo décontextualisée
En commentaires, plusieurs internautes se demandent si cette vidéo est authentique ou si elle a été générée par IA, tant les propos tenus sont violents et tant les gendarmes restent impassibles.
La vidéo est bien authentique, mais elle manque de contexte : cette intervention remonte au 17 février 2024 dans le quartier de l'Arnède, à Sommières, dans le Sud de la France et la personne qui filme et profère de nombreuses insultes a été interpellée puis condamnée, comme l'a expliqué le ministère de l'Intérieur sur son site (lien archivé ici)
A la suite d’un appel au 17 pour "une rixe entre entre une vingtaine de personnes dans ce quartier", deux gendarmes d’astreinte sont arrivés sur les lieux dès 20H45, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la gendarmerie nationale, lieutenant-colonel Erwan Coiffard.
"Seulement, quand ils arrivent, ils se retrouvent face à une quarantaine de personnes [...] Et la vidéo est tournée, alors que les gendarmes savent que des renforts vont arriver, mais sont dans un rapport de force qui leur est défavorable", a ajouté le porte-parole.
Leur manque de réaction, qui a été largement commenté en ligne, est du à leur professionnalisme selon le lieutenant Erwan Coiffard. "Ils ne veulent pas envenimer la situation et savent qu'ils pourront intervenir en force et en sécurité. Les gendarmes font preuve, je trouve, de courage et de sang-froid", a-t-il salué.
La gendarmerie nationale a précisé dans un communiqué publié sur son site qu'à "l'arrivée des renforts, il ne reste plus que quelques personnes et la caméra est récupérée auprès d’un tiers. Les deux auteurs principaux, qui ne sont plus présents sur les lieux, un père et son fils, ont pu être clairement identifiés. Ils seront interpellés et placés en garde à vue dès le lendemain matin pour violences, outrages et menaces."
Contacté par l'AFP, le tribunal de Nîmes a confirmé que les prévenus avaient été déférés le 20 février, soit trois jours après l'intervention. "Le fils né en 2005 comparaissait pour violence sur personne dépositaire sans ITT" et a été condamné à 4 mois de prison avec sursis probatoire.
"Le père né en 1987 pour vol (la caméra) aggravé et menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique a été condamné à 6 mois ferme et avait été placé en détention en attendant son jugement et maintien en détention à l'issue", a précisé le parquet.
En 2024, plus de 9.000 agressions physiques et verbales envers les gendarmes ont été recensées, enregistrant leur plus haut niveau (+55 % entre 2015 et 2024), selon un rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (lien archivé ici).
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