
Patrick Galliand
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- Publié le 04 avril 2019 à 08:59
- Mis à jour le 17 novembre 2023 à 10:41
- Lecture : 2 min
- Par : Alexandra DEL PERAL MARTINEZ, Tiphaine HONORE
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L'AFP a rencontré Patrick Galliand, technico-commercial de 59 ans, chez lui, à Morsang-sur-Orge, en banlieue parisienne, le 22 mars.
Pourquoi étiez-vous là ?
"On s'était rendu avec quelques amis à cette manifestation parce qu'on avait estimé que c'était important d'exprimer notre mécontentement".
Que s'est-il passé ?
"La manifestation était bon enfant, ça chantait ça braillait... rien de spécial et puis d'un seul coup, des gaz lacrymogènes nous sont arrivés dessus.. Puis des charges de police. N'ayant pas l'intention de rentrer dans ce genre d’événements avec bagarres, on s'est mis avec notre groupe d'amis dans une rue parallèle pour être plus au calme. On s'est mis en retrait et puis à un moment on a entendu 'Ils chargent ! Ils chargent !'. Et là j'ai entendu une très forte détonation et j'ai eu un choc à la tête, à l’œil. J'avais l’œil en sang".
Quelle est votre vie maintenant ?
"D'abord c'est la stupéfaction. On ne comprend pas. Puis très vite c'est de la colère. Contre les politiques, les policiers. J'ai la chance d'avoir été très soutenu par mon employeur, mes amis et ma famille. Tout le monde ne l'a pas (...)", confie-t-il.
"(Dans mon travail), je suis amené à monter sur des toitures, sur des machines : il y a un risque que je ne voie pas un endroit où je pose le pied (...). Si je bricole maintenant, je mets systématiquement mes lunettes de sécurité parce que s'il arrive quoi que ce soit à mon autre œil, c'est fini, je suis aveugle. Aller à la manifestation des blessés était important pour témoigner mais y aller m'a demandé un effort énorme. Des gens faisaient péter des pétards. Chaque détonation, pour moi, c'était vent de panique".
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A l'occasion du premier anniversaire de lancement du mouvement, l'AFP a réinterrogé mi-octobre les manifestants éborgnés.
Patrick Galliand n'a pu être joint par l'AFP.
Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée, a indiqué le parquet de Paris interrogé par l’AFP le 27 octobre.
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A l'occasion du cinquième anniversaire de lancement du mouvement, l'AFP a réinterrogé à l'automne 2023 les manifestants éborgnés.
La Parquet de Paris a indiqué avoir ouvert une information judiciaire par réquisitoire du 23 mai 2019, pour violence par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou infirmité permanente.
Retrouvez notre dossier sur les manifestants, passants, lycéens grièvement blessés à l'oeil durant l'hiver 2018-2019.
EDIT 04/04/2019 : ajout de la vidéo de Patrick Galliand EDIT 13/11/2019 : article mis à jour EDIT 17/11/2023 : article mis à jour