Une photo d'archive montre le président-directeur général de Disney, Bob Chapek, aux studios Hollywood de Disney le 28 août 2019 à Orlando, aux Etats-Unis. ( AFP / Getty Images / Gerardo Mora)

Attention, ces affirmations liant le PDG de Disney à la traite d'êtres humains émanent d'une publication satirique

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Des publications, partagées plusieurs centaines de fois sur les réseaux sociaux en une semaine affirment que le PDG de Disney, Bob Chapek, a été arrêté pour traite d'êtres humains à la suite d'une opération policière. Mais le site à l'origine de cette affirmation a qualifié son article de "satire". Par ailleurs la police de Los Angeles a affirmé qu'il n'avait pas été arrêté, et une liste des 108 suspects détenus en Floride dans le cadre de l'opération policière ne contient pas son nom, qui n'a pas non plus été mentionné dans l'enquête. 

"Le PDG de Disney, Bob Chapek, a été arrêté pour trafic d'êtres humains à son domicile," affirme une publication sur Facebook partagée des centaines de fois depuis le 19 mars.

Capture d'écran d'une publication sur Facebook, prise le 25 mars 2022

Elle cite comme source une article publié sur le site du média américain Newsweek, mentionnant que des employés de Disney font partie des suspects arrêtés dans le cadre d'une opération menée par des policiers infiltrés en Floride. Il ne fait pas mention du PDG de Disney.

La publication qui nous intéresse montre également un tweet, désormais supprimé, qui comme d'autres posts similaires sur Twitter partageaient en guise de source un lien vers un article du "Vancouver Times", publié le le 17 mars 2022. Selon ce dernier, Bob Chapek aurait été arrêté pour trafic d'êtres humains. Des publications similaires ont également circulé en anglais, en allemand, en italien, en espagnol et en tchèque

Mais attention: rien n'indique que le PDG de Disney a été arrêté pour trafic d'être humains.

Selon l'article, il aurait été arrêté dans le Sud de la Californie, sur la côte ouest des Etats-Unis. L'AFP a contacté le Bureau d'information du département du shérif du comté de Los Angeles, qui a affirmé que "les services du shérif de Malibu/Lost Hills n'ont pas arrêté M. Chapek".

Le groupe d'action régional contre la traite des êtres humains des services du shérif a également déclaré qu'il n'était "pas au courant d'une quelconque arrestation liée au PDG de Disney, Bob Chapek". 

Les termes "Bob Chapek" ou "Robert Chapek" ne produisent aucun résultat non plus lorsqu'on les cherchent dans le centre d'information des détenus du shérif du comté de Los Angeles.

De plus, une recherche des versions archivées de la page montre qu'une mention "satire", qui n'était pas présente à l'origine, a été ajoutée à l'article du "Vancouver Times" après sa publication.

Capture d'écran d'une version archivée de l'article de vancouvertimes.org, prise le 25 mars 2022 sur web.archive.org
La mention "satire" a été ajoutée suite à la publication de l'article, comme le montre cette capture d'écran prise sur vancouvertimes.org le 23 mars 2022

 

 

Une vague d'arrestation en Floride

Cette affirmation s'est propagée dans le sillage de l'annonce le 16 mars 2022 d'une vague d'arrestations par la police du comté de Polk, en Floride. Elles ont eu lieu dans le cadre d'une "opération secrète de lutte contre la traite des êtres humains".

Les arrestations étaient principalement liées à de la prostitution et à de la sollicitation de services sexuels, qui sont illégales en Floride. Quatre arrestations, sur un total de 108, concernaient des comportements prédateurs envers des mineurs.

Le shérif du comté de Polk, Grady Judd, a déclaré lors d'une conférence de presse le 16 mars que quatre employés de Disney figuraient parmi les personnes arrêtées.

Selon le shérif, trois employés ont été arrêtés pour sollicitation, tandis qu'un quatrième a été inculpé pour trois chefs d'accusation concernant l'envoi de "contenu nuisible" à une mineure. 

L'AFP a également reçu la liste des suspects arrêtés dans le cadre de l'opération et a pu constater qu'elle ne mentionnait pas le nom du PDG de Disney. 

Contactée par l'AFP, la Walt Disney Company n'a pas immédiatement réagi.