Non, la Nouvelle-Zélande n'a pas approuvé une loi autorisant l'euthanasie spécifiquement pour les patients Covid

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Des publications sur les réseaux sociaux laissent entendre que la Nouvelle-Zélande aurait approuvé une loi autorisant l'euthanasie spécifiquement pour les malades du Covid-19. Attention : si une loi permet depuis novembre 2021 le suicide assisté dans certains cas bien précis pour les malades en phase terminale, elle a été adoptée bien avant le début de l'épidémie et, de facto, ne mentionne ni ne vise précisément les malades du coronavirus.

"En Nouvelle Zélande ils partent vraiment en vrille, l’euthanasie possible pour les patients qui ont le Covid et 1000 dollars en prime pour le +médecin+" , dénonce un internaute sur son compte Facebook. Comment peut-on justifier cela ??", s'interroge un autre, en relayant le même article du Catholic Herald publié le 20 décembre 2021 et intitulé "La Nouvelle-Zélande autorise l'euthanasie pour les patients Covid".

"Bombe : la Nouvelle-Zélande paie 1.000 dollars aux (sic) médecins pour l'euthanasie des patients atteints de Covid-19", ajoute un internaute sur Twitter.  Des publications similaires ont également essaimé les réseaux sociaux où ils ont été partagés plusieurs milliers de fois en anglais ou encore en portugais.

"Cette affirmation n'est pas vraie », a démenti auprès de l'AFP un porte-parole du ministère néo-zélandais de la Santé le 4 février 2022. "La Nouvelle-Zélande n'a pas approuvé l'euthanasie pour les personnes atteintes du covid-19".

Qu'en est-il réellement? Pour le comprendre il faut revenir au 13 novembre 2019. Ce jour-là, les députés néo-zélandais donnent leur feu vert définitif à une loi sur l'euthanasie, la "End of Life Choice Act", qui permet notamment aux patients en phase terminale ayant moins de six mois à vivre de demander une aide au suicide.

Cette loi, qui a ensuite été approuvée par référendum avant d'entrer en vigueur le 7 novembre 2021, donne "aux personnes atteintes d'une maladie en phase terminale et répondant à certains critères la possibilité de demander légalement une assistance médicale pour mettre fin à leurs jours" et fixe "un processus légal pour aider les personnes éligibles", résume le ministère néo-zélandais de la Santé sur son site internet.

Concrètement, un adulte sain d'esprit souffrant d'une maladie incurable susceptible de causer sa mort sous six mois et dont la souffrance est "insupportable" peut désormais demander une dose médicamenteuse létale. La requête doit être signée par le médecin du patient et un docteur indépendant, un psychiatre devant être consulté si un doute existe quant à la capacité de la personne à prendre cette décision en toute connaissance de cause.

Il est précisé que le fait de souffrir d'une maladie mentale, d'un handicap de quelque nature que ce soit ou d'être d'un âge avancé ne rend pas une personne éligible à l'aide à mourir. Il n'est fait aucune mention du Covid-19 dans le texte de loi, contrairement à ce que laissent entendre les publications sur les réseaux sociaux.

( AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN)

Pour autant, des malades du Covid qui rempliraient les critères peuvent tout à fait être éligibles au suicide assisté. "L'éligibilité est déterminée au cas par cas. Par conséquent, le ministère ne peut pas faire de déclarations définitives sur les personnes éligibles. Dans certaines circonstances, une personne atteinte par le Covid-19 peut être éligible à l'aide médicale à mourir", avait déclaré en décembre un responsable du ministère de la Santé, en réponse à une question posée par Defend NZ, une organisation opposée à la loi euthanasie.

Quant à la "prime" évoquée dans les publications que toucheraient les médecins amenés à pratiquer l'euthanasie, elle existe effectivement, confirme un porte-parole du ministère de la Santé, et son montant varie en fonction du rôle joué dans le processus. Selon une note publiée au Journal officiel néo-zélandais le 4 octobre 2021, la prime a été fixée à 1.087 dollars pour les médecins traitants ou infirmières prescrivant et administrant les médicaments et déclarant le décès.

( AFP / MARTY MELVILLE)

Comme d'autres pays à travers le monde, la Nouvelle-Zélande a rendu obligatoire la vaccination contre le Covid-19 pour les personnes travaillant dans certains secteurs comme la santé, les forces de l'ordre, l'éducation et la défense. Ceux qui refusent s'exposent à un licenciement. Un certificat de vaccination doit également être présenté dans les restaurants, les événements sportifs et les offices religieux. Selon la Première ministre Jacinda Ardern, "96% des Néo-Zélandais se sont fait vacciner".

Ces derniers jours, l'opposition à la vaccination anti-Covid 19 a pris de l'ampleur avec l'instauration d'un "camp de la liberté" devant le Parlement à Wellington dans la lignée du mouvement initié par des camionneurs canadiens à Ottawa.

Traduction et adaptation :
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