Non, la famille Rothschild n'a pas breveté un "test" de dépistage pour le Covid-19 en 2015
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- Publié le 3 septembre 2021 à 18:26
- Lecture : 3 min
- Par : Eva WACKENREUTHER, AFP Allemagne, AFP France
- Traduction et adaptation : François D'ASTIER
Il s'agirait d'une "preuve accablante", selon la personne qui parle dans cette vidéo virale qui a également circulé sur Twitter.
En filmant son écran d'ordinateur, elle montre un brevet trouvé après une recherche sur la plateforme PubChem, banque de données américaine qui met à disposition de nombreux documents scientifiques, portant entre autres sur le Covid-19.
"Vous voyez que le 13 octobre 2015, l'inventeur de ce système et méthode de Covid-19 (sic) n'est autre que Richard Rothschild", dit-elle en lisant les informations qui s'affichent sur son écran. En épluchant "la moitié" du document, la personne en tire la conclusion suivant : "ils veulent nous pucer et avoir toutes nos données".
Dans les commentaires, un internaute abonde : "Le brevet est de 2015, tout était prévu".
Pourtant, quand on clique sur le brevet en question, c'est l'année 2020 qui apparaît d'abord à l'écran :
Qu'est-ce qui explique cette différence de date ?
Une mise à jour
Comme nous l'avions déjà écrit dans ce fact-check d'octobre 2020 -alors que des publications similaires circulaient déjà-, le brevet est authentique. L'invention décrit "un procédé pour acquérir et transmettre" à des établissements de santé, par l'intermédiaire d'un smartphone, "des données biométriques" comme la température corporelle, la pression sanguine ou encore le rythme cardiaque d'une personne.
Ces données pourraient ensuite être utilisées pour "déterminer si la personne souffre d'une infection bactérienne ou virale" ou de "problèmes respiratoires", écrivent les inventeurs.
Le brevet déposé par Richard A. Rothschild est un brevet américain - d'où le libellé indiquant "US" pour "United States" avant le numéro de publication du brevet.
A la différence des brevets européens, les inventeurs peuvent, dans le cadre des dépôts de brevet américain, effectuer une demande de Brevet "CIP" pour "Continuation in Part" (dépôt de continuation, NDLR), a expliqué l'Office européen des brevets, contacté par l'AFP le 6 octobre 2020.
Ce dépôt de continuation permet à un inventeur d'ajouter de nouveaux éléments à un brevet précédent. L'invention initiale doit être partie intégrante de la nouvelle.
La demande pour la première invention de Richard A. Rothschild - celle qui servira d'invention "parent" au brevet dénoncé dans les publications - date bien du 13 octobre 2015. Ce brevet de 2015 est d'ailleurs toujours disponible ici sur Google Patent.
Le brevet, dans sa version de 2015, décrivait les mêmes techniques d'analyse de données mais ne faisait pas mention du nouveau coronavirus :
La demande de brevet "avant 2020 n'était pas liée au Covid-19", a confirmé en octobre 2020 à l'AFP Rainer Osterwalder, porte-parole de l'Office européen des brevets.
La mention du nouveau coronavirus apparaît pour la première fois dans l'enregistrement actuel de 2020, après le début de la pandémie.
Cette version met en avant le fait que l'invention pourrait être utilisée dans le cadre de l'épidémie pour récolter les données avec "un risque réduit d'exposition au virus".
Le brevet en questiona été approuvé le 1er juin 2021 par le bureau américain des brevets. Il expirera en 2036.
La famille Rothschild
Pourquoi le nom de l'inventeur est-il si important pour les auteurs des différentes publications ? La famille juive des Rothschild a été la plus grande fortune de l'ancien empire des Habsbourg (1526–1804) et a compté parmi les plus grandes fortunes d'Europe, grâce à ses activités bancaires et industrielles.
Elle est régulièrement la cible de rumeurs antisémites et de théories conspirationnistes sur Internet. Ce nom de famille est actuellement associé à deux acteurs du secteur financier : la banque d'affaires Rothschild and Co et la banque privée Edmond de Rothschild.
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